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Je suis allée voir Rocketman comme on va à un repas de famille sans savoir si son oncle raciste sera présent : avec appréhension mais espoir.
J'avais été déçue par le gigantesque clip que nous avait offert Bryan Singer avec Bohemian Rhapsody. Ce film qui avait enfoui sous le tapis de la nostalgie tout les poncifs de la "nouvelle vague" du biopic et avait poncé chaque angle d'une vérité sale pour la rendre lisse, tout public et très héterosexuelle.
Le film Rocketman m'a d'abord fait un effet en demi-teinte. Si Dexter Fletcher a évité de nombreux écueils sur lesquels le navire Bohemian Rhapsody s'était brisé, il est bien évidemment tombé dans d'autres pièges. Mais après réflexion, c'était pardonnable.
Le film est visuellement très beau. Le directeur photo, George Richmond (à qui l'on doit notamment la photographie des Kingsman et Eddie The Eagle) fait un travail remarquable avec la couleur et si la couleur ne caractérise pas le personnage d'Elton, quoi donc ? Quand aux costumes, plus excentriques et précieux encore que les vrais, comment ne pas les admirer ? Julian Day, le chef costumier sur le film, à fourni un travail incroyable qu'il est important de saluer, et ce en étroite collaboration avec la star.
Le format comédie musicale qui m'a d'abord beaucoup surprise est finalement très réussi, et bien évidemment qui apprécie la musique de Sir Elton John ne peut que se laisser porter par des chansons qu'il connaît, pour la plupart, par cœur.
Fletcher n'a néanmoins pas pu éviter un certain sentimentalisme qui pourrait rebuter le plus coriace des spectateurs, car c'est un vrai dur m'voyez. La réconciliation de l'homme avec son enfant intérieur pourrait paraître bien stéréotypé, mais le film n'est-il pas justement l'histoire d'un voyage vers la réconciliation ? C'est certes tiré par les cheveux mais cela a au moins le mérite de s'adapter à la sensibilité de chacun.
Rocketman est parfois un peu lisse, si l'écueil que forment l'addiction à drogue, à l'alcool, au sexe et à l'argent est formulé à plusieurs reprises on pourrait reprocher au film de le rendre trop esthétique, voir même attirant, là où il devrait être "dégoûtant et horrible", comme l'a lui même exprimé Sir Elton. Néanmoins la tristesse et le vide intérieur de cette icône du rock sont représentés avec justesse et si je n'ai pas pleuré, d'autres dans la salle l'ont largement fait à ma place.
Taron Egerton lui, incarne un Elton John touchant et juste sans en devenir une caricature et visiblement le chanteur lui-même a été touché par cette interprétation.
On échappera pas, à la fin du film, à un diapormama du véritable Elton, de son parcours et de sa famille. Mais après tout ce ne serait que mauvaise foi crasse de ne retenir que ce cliché d'un film touchant et juste qui finalement ne fait que quelque petites erreurs.
Créée
le 30 mai 2019
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