Rogue Agent a tout du film d'espionnage: l'affiche, le titre, un des noms cités par les bookmakers pour incarner 007, une James Bond Girl pour héroïne et un début très convaincant dans ce sens.
Seulement, voilà, Rogue Agent n'est pas un film d'espionnage.
À l'image de son antagoniste et personnage périphrastiquement éponyme, il se fait passer pour un film d'espionnage avant de tomber au bout d'une heure dans le biopic polar retraçant la carrière d'un escroc au talent aussi maléfique qu'inimaginable.
Un bon film policier néanmoins, solidement porté par James Norton - personnage central et producteur du film - et Gemma Arterton - dont l'engagement hélas connu dans l'ex-mouvement Women Next Generation Leaders laisse planer un soupçon de wokisme sur un film qui en des temps plus normaux et apaisés ne semblerait pas opportuniste et ne l'est sans doute pas.
Film à double visage, il ravira ou décevra, mais ne laissera pas indifférent; il séduira en un premier temps, glacera ensuite et finira par ne garder que la part de son public venu voir un polar, laissant les adeptes de l'espionnage sur le bord de la route. Ou dans cette insatisfaction d'assister au hors-piste de ce qui augurait un bon film d'espion.
La note s'établie donc sur le film en tant que film policier, passée l'escroquerie digne de son personnage d'homme manipulateur, et sur l'excellente prestation de ses deux vedettes.