Rollerball
6.8
Rollerball

Film de Norman Jewison (1975)

Un jeu meurtrier pour endormir les masses

Ce film a une moyenne plutôt peu élevée, mais rarement des notes en-dessous de 7, c'est encourageant. C'est un film que j'ai vu très jeune, en 1975 j'étais ado, et ça m'avait évidemment marqué. Le message philosophique m'était passé au-dessus de la tête parce qu'à cette époque, je n'étais pas tellement capable d'analyser quoi que ce soit, j'allais au ciné pour me détendre et pour le simple plaisir du premier degré. Aujourd'hui, c'est différent, je l'ai revu il y a quelques années en VHS, mais pas récemment, ce n'est pas bien grave car ce film est tellement marquant pour un gars de ma génération que je m'en souviens parfaitement comme si j'étais encore en 1975.
Fable d'anticipation captivante, Rollerball se situe dans la grande tradition des films de SF qui donnent de l'avenir une vision pessimiste, comme dans Soleil vert sorti à la même époque. Et c'est effectivement une vision très pessimiste de l'humanité, où l'homme expurgé de ses pulsions, est devenu une sorte de mouton qui écoute une autorité et un pouvoir dictatorial ; on est au 21ème siècle, la violence a été bannie du monde civilisé, tandis qu'un nouveau sport, le rollerball, fait rage, mais la popularité de certains joueurs fait craindre aux dirigeants qu'ils ne deviennent trop puissants. Les Terriens n'ont plus d'autre préoccupation que leurs loisirs, quel monde idéal ! Le rollerball est un combiné de basket et de hockey, capable de canaliser la seule violence tolérée par les autorités.
Tout le talent de Norman Jewison est d'inviter le spectateur à une passionnante réflexion philosophique sans qu'elle soit trop démonstrative, car le point fort du film reste bien sûr les extraordinaires séquences de ce jeu meurtrier filmé par une caméra sans concession, dans des scènes d'une brutalité rarement montrée à cette époque à l'écran, et surtout de façon aussi réaliste, je me souviens que ça avait soulevé des débats à ce sujet. C'était aussi le reflet d'un certain cinéma de science-fiction qui voulait rompre avec le vieux ciné des années 50 et 60 à tendance plus débonnaire ou effrayante, ici la frayeur venait de l'action traitée avec une violence excessive pour mieux faire réfléchir le spectateur. On ramenait le public à ses bas instincts en le contentant avec des jeux du cirque modernes comme les gladiateurs contentaient le goût du sang des Romains de l'Antiquité, c'est une étonnante parabole.
On y remarquait encore une fois après le triomphe du Parrain, James Caan qui crevait l'écran en imposant un physique carré et une image d'acteur buriné. Un film à voir.

Créée

le 15 mai 2017

Critique lue 2K fois

Ugly

Écrit par

Critique lue 2K fois

34
9

D'autres avis sur Rollerball

Rollerball

Rollerball

8

Samu-L

473 critiques

Les chiens et le loup

Rollerball est un classique de la dystopie au cinéma qui n'a pas pris une ride dans ses thèmes, et juste quelques rides dans sa réalisation ne le rendant que plus sympathique. Bien sûr, le spectateur...

le 30 nov. 2016

Rollerball

Rollerball

8

Ugly

1825 critiques

Un jeu meurtrier pour endormir les masses

Ce film a une moyenne plutôt peu élevée, mais rarement des notes en-dessous de 7, c'est encourageant. C'est un film que j'ai vu très jeune, en 1975 j'étais ado, et ça m'avait évidemment marqué. Le...

le 15 mai 2017

Rollerball

Rollerball

9

steka

366 critiques

Une utopie ?

Ce film est essentiellement la dénonciation d'un totalitarisme s'appuyant sur la manipulation des instincts primaires des populations. Ce qui sous-entend l'abêtissement organisé de ces mêmes...

le 9 févr. 2012

Du même critique

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

5

Ugly

1825 critiques

Au fond, ce n'est qu'un numéro

Le voila enfin ce dernier Bond de Craig ! Après s'être fait attendre plus d'un an pour cause de covid, sans cesse repoussé, mon attente était énorme, il fallait que cet arc Dan Craig finisse en...

le 12 oct. 2021

Le Bon, la Brute et le Truand

Le Bon, la Brute et le Truand

10

Ugly

1825 critiques

"Quand on tire, on raconte pas sa vie"

Grand fan de westerns, j'aime autant le western US et le western spaghetti de Sergio Leone surtout, et celui-ci me tient particulièrement à coeur. Dernier opus de la trilogie des "dollars", c'est...

le 10 juin 2016

Gladiator

Gladiator

9

Ugly

1825 critiques

"Mon nom est gladiateur"

On croyait le péplum enterré et désuet, voici l'éblouissante preuve du contraire avec un Ridley Scott inspiré qui renouvelle un genre ayant eu de beaux jours à Hollywood dans le passé. Il utilise les...

le 5 déc. 2016