Sevré de films hollywoodiens, le public de la France occupée était avide de comédies sentimentales rythmées. Romance à trois s'inscrivait ainsi dans une production hexagonale destinée principalement à divertir en ces temps difficiles. Le film pâtit beaucoup de son origine théâtrale et de la surexposition de dialogues cependant assez spirituels. Le conflit entre trois demi-frères pour la conquête d'une jeune femme attrayante (charmante Simone Renant) se déroule sous la caméra de Roger Richebé, honnête artisan (L'habit vert) dont la carrière de producteur est un tantinet plus réussie que celle de réalisateur. Malgré une progression laborieuse des situations, le métrage est regardable, en particulier grâce à l'abattage de Fernand Gravey, le Clark Gable français, qui n'a pas de mal à surpasser ses compagnons de jeu, dont un Bernard Blier encore vert.