Rosa
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Rosa

Film de Joe Cheung Tung-Cho (1986)

Avant de partir sur du bon gros gunfight des familles avec des films tels que Flaming Brothers (1987), Bet of Fire (1988), Return Engagement (1990) ou encore Pom Pom and Hot Hot (1992), Joe Cheung a enchainé quatre comédies typiquement hongkongaises, à savoir Pom Pom (1984), Challenge on Chasing Girls (1984), Funny Triple (1985) et le film qui nous intéresse aujourd’hui, Rosa (1986) qui vient tout juste de sortir en blu-ray chez l’éditeur anglais 88 Films. Sur le papier, Rosa donne envie. Outre son casting trois étoiles et un bon faiseur à la réalisation, on notera la présence d’un certain Wong Kar-Wai (Chungking Express, In The Mood for Love) au scénario, le trio Yuen Biao / Yuen Wah / Lam Ching-Ying aux scènes d’action et Sammo Hung au poste de producteur. Seulement, à l’instar d’un film comme Avenging Quartet (1993) et son casting de fou furieux, Rosa déçoit. Il avait déjà déçu au premier visionnage il y a 25 ans, il déçoit toujours au 2ème 25 ans après, et ce malgré un bon gros final comme Hong Kong en avait le secret à cette époque.


Rosa est une comédie d’action typique de son époque et elles étaient nombreuses. Mad Mission, My Lucky Stars ou encore Pom Pom, sans parler des films de Jackie Chan ou de Sammo Hung, la liste est réellement longue. Un des gros problèmes de Rosa, c’est qu’il n’arrive clairement pas à se démarquer de la masse et que quelques jours après le visionnage, on est déjà en train de tout oublier. Si on l’analyse à froid, il n’y a au final pas grand-chose qui va dans le film. Le scénario, pourtant simple et efficace, finit très rapidement par être relégué au second plan avec une intrigue qui s’efface rapidement pour faire la part belle aux diverses situations comiques. Rosa va faire la part belle aux gags qui vont naitre à cause des différentes rivalités entre les personnages, avec par exemple un Lowell Lo qui tente de séduire tant bien que mal le personnage de Rosa, d’un autre, ce même Lowell Lo qui va s’opposer à la romance entre sa sœur Kara Hui et Yuen Biao, ou encore Lowell Lo qui va sans cesse se chamailler avec Yuen Biao, un collègue qu’on lui a imposé. A cela se rajoute les coups fourrés de leur chef interprété par Paul Chun et vous obtenez une partie comédie qui prend énormément de place au détriment de tout le reste. Le problème, c’est que cette partie comédie se prend très souvent les pieds dans le tapis. On ne pourra que saluer l’engouement des acteurs pour le film. Ils se donnent à fond, cabotinent tout ce qu’ils peuvent pour essayer de faire rire le public et parfois ça marche. La bonhommie de Lowell Lo amène quelques gags sympathiques, Paul Chun en chef vaniteux nous met sans cesse le sourire aux lèvres, la relation entre Yuen Biao et Kara Hui est mignonne, mais pour un gag réussi, on en a 4 ou 5 qui se ratent, voire pour lesquels certains risquent de se facepalmer.


Cette partie comédie est le plus souvent sans inspiration, tombant dans la facilité des gags tournant autour du décolleté de Hu Hsiao-Fen, et l’ensemble est souvent alourdi par le jeu over the top et très bruyant de Lowell Lo qui, aussi sympathique soit-il, finit par devenir assez lourdingue tant il passe son temps à gesticuler dans tous les sens. Ces gags, qu’ils soient ratés ou réussis, prennent énormément de place et ralentissent beaucoup la partie policière / action du film au point que, lorsque le final arrive, on a l’impression que quelqu’un s’est dit « Bordel mais on est à 1h15 de film ! Il faut lancer de suite la scène d’action finale ! ». Du coup, Rosa est quand même relativement avare en action et c’est dommage car le tout petit affrontement de la première heure laissait présager du bon et si Joe Cheung avait eu rajouter de la bonne baston ci et là, l’intérêt d’en aurait été que plus grand. Ici, on préfère tout concentrer dans le dernier quart d’heure dans un climax bien fou comme Hong Kong le faisait souvent à cette époque. Le trio Yuen Biao / Yuen Wah / Lam Ching-Ying fait des merveilles avec des échanges de coups et des cascades qui nous rappellent pourquoi on aime tant le cinéma de Hong Kong. On a d’un côté l’excellent Kara Hui qui va affronter tout un tas d’hommes de main pendant que de l’autre, Yuen Biao se frotte à Dick Wei après avoir lui aussi balancé quelques tatanes sur des sbires. bien que nous ne soyons pas là dans les meilleurs combats qu’on put procurer aussi bien Biao, Hui que Wei, l’ensemble se fait efficace, nerveux, avec des chouettes chorégraphies, et on se sent enfin récompensé d’avoir quand même un peu souffert après la première heure pas souvent très drôle du film. En résulte un film moyen, certes au final pas désagréable non plus, mais bien en deçà des meilleures comédies d’action que Hong Kong a produit à cette époque.


S’inscrivant dans la pure tradition des comédies d’action hongkongaises de l’époque, Rosa n’arrive malheureusement pas à réellement convaincre. L’action est bonne, certes, mais bien trop rare comparé à l’avalanche de gags souvent pas drôles du film.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-rosa-de-joe-cheung-1986/

cherycok
5
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le 10 mars 2026

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