« Rosetta » fit du bruit à sa sortie. Remportant notamment, de manière inattendue, la Palme d’Or au festival de Cannes. Propulsant ainsi la carrière des frères Dardenne, et celle de la jeune Emilie Dequenne (RIP), 18 ans alors. J’avoue pour ma part que j’ai eu un peu de mal avec.
On y suit Rosetta, jeune femme brutalement licenciée à la fin de sa période d’essai. Survivant dans une roulotte minable avec une mère alcoolique, elle tente par tous les moyens de trouver un emploi afin d’avoir une vie « normale ».
Alors oui, les intentions sont nobles, et c’est très bien de faire du cinéma social. Les Dardenne dépeignent de manière caustique la misère des prolétaires. Entre ceux qui exploitent la pauvreté sans scrupule, des petits patrons qui n’hésitent pas à licencier pour des motifs peu valables, ou une protagoniste aux idées très noires, voire cruelles.
A ce niveau, Emilie Dequenne mérite les louanges reçues à l’époque, et je comprends parfaitement le tremplin qu’a constitué « Rosetta » pour elle.
Par contre, je n’ai pas été emballé par la mise en scène. De la caméra à l’épaule qui bouge sans cesse, des très gros plans sur les personnages… Certes, il y a cette volonté de faire du cinéma-vérité dépouillé, sans artifice, façon Dogme 95. Certes, c’était avant les années 2000 et l’invasion mortifère de la shaky cam. Mais c’est lourd et ça m’a empêché de rentrer dans le film.
Et puis il y a cette protagoniste étrange. Rosetta, hystérique dans la première scène parce qu’elle a perdu son emploi. Qui ne se montrera guère attachante par la suite. Et cette relation bizarre avec un vendeur de gaufres apparemment tombé sous son charme (?) malgré son agressivité et ses choix brutaux.
Je comprends pourquoi le film a pu diviser en son temps !