Notes sur le film : Deuxième vision de ce film qui confirme, plus que jamais, son importance dans l’histoire du cinéma d’action. Alors que le cinéma contemporain, en particulier hollywoodien, a oublié le sacré et le premier degré, car trop occupé à se vendre par le rire et l’ironie aux spectateurs-consommateurs, RRR rappelle, tout en utilisant des références ultra-locales, l’importance du mythe, qui soude la communauté par des valeurs positives, et des sentiments humains essentiels – l’amour, l’amitié, la révolte contre l’injustice.
Particulièrement exaltant, grâce à une mise en scène dynamique et géniale de S. S. Rajamouli, RRR iconise constamment des personnages littéralement admirables, qui descendent de figures et de divinités indiennes dont les spécificités nous échappent, mais pas la folle puissance. Pour apprécier au maximum cette œuvre, il faut oublier ses réflexes de spectateur occidental, notamment face à des scènes qui ne pourraient être que parodiques dans nos contrées – la découverte de l’amitié entre les deux héros ; la grande scène de danse, etc. Et si on y parvient, ô joie, RRR se révèle alors pour ce qu’il est : un pur chef-d'œuvre.