Sur le principe, rien de bien nouveau pour cette modeste production hong-kongaise de la seconde moitié des années 80 : 90 minutes au compteur avec un début accrocheur, un sérieux coup de mou de quasiment une heure et une fin redoutable ; le tout sur fond de triades et de mainlander en fuite. Et Andy Lau est au casting.


Cependant ce terrain balisé est pour ainsi dire transcendé par une noirceur et une violence assez inhabituelle, même pour un cinéma connu pour sa radicalité. Sa vision de la ville de Hong-kong est assez sordide au point que le film semble exercer une réelle fascination envers les latrines : un policier passe son temps à se plaindre de ses hémorroïdes, une des héroïnes se fait avorter seule dans sa salle de bain, Andy Lau lui indique plus tard comment se faire un bandage en évoquant son anatomie avant que les deux ne se livrent à une scène romantique alors que celle-ci sort des toilettes. Même la rivalité amoureuse entre deux femmes se traduit par un moment de provocation entre elles où l'une va uriner en laissant la porte ouverte pour être sûr qu'Andy Lau la regarde !
Et pour parachever une vision assez primaire et bestiale, plusieurs combats se déroulent autour d'animaux : poulaillers et chenil !


Mais surtout ce qui fait donc la différence avec d'autres films du même genre est bel et bien sa hargne. On trouve dans ce film certaine des cascades les plus impressionnantes que j'ai pu voir dans un film hong-kongais, ce qui n'est pas peut dire.

Citons la course en scooters totalement démente qui ouvre le film, un plongeon depuis un phare pour arriver à quelques (centi)mètres de rochers, un homme en feu (qui n'a pas l'air d'avoir beaucoup de protection ! ), une démentielle chute où un cascadeur tombe sur le toit d'un bus à deux étages en train de démarrer, il se raccroche à une des fenêtres avant de rouler au sol alors qu'une voiture cherche à éviter de lui broyer la jambe ! Sans oublier une chute de plusieurs étages le long d'une façade, un combat très intense au milieu de dobermans et autres rouler-boulers dans un escalator !
C'est assez dingue et Blacky Ko, le chorégraphe, n'en perd pas une miette et emballe ça avec une belle efficacité.


Le scénario offre aussi une conclusion tout aussi sadique avec pas mal de surprises dans le dénouement en déjouant certaines conventions et passages obligées !


Ces éléments permettent d'en recommander le visionnage tout au précisant que le reste du film n'est malheureusement pas de cet acabit entre une narration maladroite et assez embrouillé, des personnages flous ou inutiles, des sous-intrigues abandonnées, une photographie inexistante et surtout un très long tunnel au milieu du film.

anthonyplu
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le 5 oct. 2016

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