Évidemment tout le monde vous dira que le roman est mieux, même ceux qui ne l'ont pas lu. Pour une fois je serai d'accord avec ceux qui ne savent pas de quoi ils parlent.
Et j'en sais quelque chose; je ne l'ai pas lu.
Produit en plein boom des années MTV et du câble, Running man tente une dénonciation de notre société abrutie par la télé, pointant du doigt une Amérique des années 80 du futur au cerveau malléable, malade, déshumanisée, désincarnée et réduite à un chiffre d'audience et de part de marché, incapable de comprendre qu'on la manipule, la débilise, l'asservie, la trompe et la méprise. Et que dire d'une société devenue pire que ceux qu'elle condamne?
Le problème c'est que c'est Starsky au volant.
Effectivement, le pseudo message sous-jacent est matière à réfléchir: la télé-réalité, le voyeurisme malsain, la violence, la surenchère de concepts pervers, le lavage de cerveau, la manipulation de l'image et de l'opinion c'est pas beau bla bla BLAAAAA...
Mais bordel on sent bien qu'en réalité tout le monde s'en tape les coquilles; Running man c'est un Schwarzie en roue libre qui fait des blagues carambars, c'est une réalisation de téléfilm du samedi soir sur NT1, des effets spéciaux de série télé, un scénario prétexte se cachant derrière la pertinence d'un thème sociétal lui même bafoué par l'intrigue et son traitement.
Désolé mais un soi disant fil conducteur de résistance à l'oppression de la télé contrôlée par le ministère du divertissement et de la Justice ( ! ) dont en fait on se contrefout puisqu'on l'évoque environ 30 secondes de temps de parole sur 1h40 de film, le tout au milieu d'explosions de pétards de carnaval et de méchants bedonnant ayant volé leurs costumes au studio de cosmos 99, dont un porte une moustache hommage à Freddy Mercury, et qui se termine par une conclusion dénuée de toute conclusion après avoir enchainé incohérences et improvisation, ça ne peut forcément pas MARCHER.
Un comble.