Rust est un superbe petit projet, dense, long, beau, foisonnant de seconds rôles qui prennent de l’importance jusqu’à l’inéluctable rencontre finale.
Les thèmes développés autour des différents personnages sont clairs et, s’il est un peu lent, le film va droit au but et ne s’embarrasse d’aucun artifice hollywoodien. À l’image de son personnage éponyme, Rust est sans concession, clamant sans détour son ambivalence morale.
Et curieusement c’est dans ses segments satellites, autour des seconds rôles, que le film brouille le plus les pistes du manichéisme. Ça n’est pas totalement nouveau, et certains trouveront le rythme plombé, trop lent… échouant peut-être là où The Kid de Vincent D’Onofrio parvenait à lier ses thématiques de manière plus efficace.
Malgré tout, le film vaut vraiment le coup d’œil, et fourmille de jolis plans, témoins du talent de sa regrettée chef op’. Peut-être le plus grand regret qu’on aura envers le film : il sera à jamais entaché de sa sinistre histoire de tournage… Difficile à mettre dans un recoin de sa tête.
Le film est dédié à sa mémoire et les bénéfices iront à sa famille. Ce qui est bien triste, car vu qu’il ne sort nulle part, il va être très piraté.
Distributeurs, faites votre boulot !