Voici donc le western que tout le monde connaît davantage pour le contexte tragique de tournage qu'il a engendré (Alec Baldwin qui tue accidentellement Halyna Hutchins, la technicienne de l'image, avec un pistolet chargé de balles réelles, et non factices), que pour son intérêt propre. Autant dire que la dédicace finale à la décédée est un bien maigre et maladroit acte de repentir, qui rehausse néanmoins l'opinion du spectateur quant à cette histoire assez sympathique (mais pas assez solide pour tenir 2h20) du gamin qui est condamné à la pendaison qui est recueilli par son papy, qui tente de traverser les États pour le mettre à l'abri, jusqu'à se sacrifier pour lui (prendre sa place sur l’échafaud). Alec Baldwin est bon, le scénario est bien mené (malgré des manques de transitions entre les scènes, on dirait que le film a manqué de temps), et même si l'on s'ennuie parfois pendant ces 2h20, la ballade à cheval a son lot de rencontre palpitantes (avec les Indiens auprès desquels nos héros font un troc de Winchester contre un canasson, sous haute tension que tout cela ne dégénère, ou encore une demande d'asile chez deux paysans, qui va dégénérer, pour le coup), et un final qui est une belle conclusion. Difficile de ne pas plaquer un filtre "contextuel" sur le film (de ne pas penser à ce que Baldwin ressasse à chaque balle qui sort de son flingue, ou une transposition de la dernière scène avec ce que la presse américaine a spéculé en Une pour l'acteur...), aussi il est compliqué de regarder Rust avec une neutralité parfaite, un peu comme l'on a le cœur pincé involontairement à chaque scène de Brandon Lee dans The Crow. Espérons que ça soit le dernier accident de la sorte.