L'idée du film est malheureusement très rarement transcendée par la mise en scène ou le scénario. Dans un Maroc à la fois traditionnel et moderne, Albert Lewin entreprend d'opposer la rigueur et la raison scientifiques d'un médecin philanthrope aux pratiques mystiques d'une sorcière pour en arriver au postulat peu satisfaisant (au regard des arguments du cinéaste) d'une coexistence nécessaire entre la prière et le médicament...
On voit bien que Lewin tente d'inscrire l'intrigue dans une atmosphère fantastique ou surnaturelle mais la réalisation et le sujet sont bien trop sommaires pour qu'il y parvienne. Au contraire, comme s'il n'avait pu rester maitre de son film, Lewin s'abandonne, pour la première fois si l'on en juge par ses quatre films précédents, à l'action et à la forme spectaculaire classique du cinéma d'aventures. Un domaine où le réalisateur n'est guère convaincant.
Les personnages sont très mal ébauchés, restent superficiels et le thème originel se délite dans un récit bâclé et impersonnel, en dépit de quelques aspects plus représentatifs de l'œuvre en général de l'auteur, son goût pour l'irrationnel par exemple. Pour l'anecdote, on gardera le souvenir, ou pas, des rôles inattendus, quoique courts et médiocres, de Michel Simon et Jacques Dufilho...en méchants arabes.