J’ai malheureusement vu le (très moyen) remake de Sidney Pollack avant de découvrir le « Sabrina » original de Billy Wilder. Je m’en mords un peu les doigts car les trames des deux films sont très similaires, pour ne pas dire quasi identiques. En conséquence l’histoire était pour moi en pilotage automatique. Néanmoins, l’intérêt ici n’est pas tant le récit que la manière de le raconter.
Sabrina est la fille du chauffeur d’une riche famille américaine, spécialisée dans le plastique. Elle est inexplicablement amoureuse du fils cadet, un play-boy paresseux. Pour la faire changer d’air, son père l’envoie en France dans une école de cuisine pendant 2 ans. A son retour, elle est devenue une jeune femme sophistiquée, et va grandement perturber le mariage prévu pour le riche cadet par son grand frère travailleur.
Il se murmure que le tournage ne fut pas de tout repos. Entre d’un côté, Audrey Hepburn et William Holden qui eurent une liaison presque publique (enfin presque, Billy Wilder ayant toujours prétendu ignorer celle-ci lors du tournage !). De l’autre, Humphrey Bogart qui n’était semble-t-il pas tendre avec Audrey Hepburn. D’une part car elle était relativement nouvelle à Hollywood. D’autre part car elle avait été engagée à la place de Lauren Bacall, la femme d’Humphrey Bogart…
Toujours est-il que ceci ne se voit jamais à l’écran. « Sabrina » est une comédie romantique pleine de charme (jolis costumes !) et de bons mots, et qui reste drôle même plus de 70 ans après sa sortie.
Il y a bien sûr une mise en scène solide de Billy Wilder, mais c’est surtout le plaisir de voir interagir ces 3 comédiens en or qui prime. Audrey Hepburn en jeune femme qui mûrit et voit ses sentiments amoureux évoluer. William Holden en play-boy qui grandit également. Et Humphrey Bogart en roublard combinard qui s’humanise. L’acteur tentait alors de sortir de ses rôles habituels de détectives ou d’aventurier.
En résulte un film plaisant, en tout cas beaucoup plus que son remake, assez ennuyeux.