The lesson of the soufflé
Tout comme dans "Ariane", Billy Wilder, sous le vernis épais d'une intrigue sirupeuse, ne parvient pas - pour le bonheur du spectateur - à réaliser une comédie romantique expurgée de cette touche grinçante qui lui est caractéristique. Tout y concourt. Du triangle amoureux gentiment fratricide aux basses motivations des personnages, en passant par une critique, certes gentille, de la désinvolture des riches oisifs tout comme des besogneux qui s'occupent pour ne pas s'encombrer d'un face à face avec le vide de leur existence.
Il n'y a pas grand chose à dire au final sur ce "Sabrina". C'est bien joué, réalisé sans accroc, je vous épargne le paragraphe laudatif sur la joliesse et la justesse d'Audrey Hepburn (suivant, comme de coutume, le chemin tout tracé de la métamorphose par les atours Givenchy), Humphrey Bogart ne fait pas d'efforts particuliers mais s'impose tout naturellement.
Parfaitement plaisant à regarder, sans le moindre temps mort, on peut légitimement se demander si - tout comme "Ariane" - la fin très Hollywoodienne n'a pas été imposée pour un public américain qui ne souffre aucune exception à ce qui est considéré comme une bonne fin à leurs yeux.