Salut les pourris porte la marque de Fernando Di Leo : une mise en scène généreuse au service de l'état des lieux troublant d’un passage de témoin générationnel raté dans l’Italie des années 70. Au menu, conflit père-fils, corruption, représailles mafieuses tonitruantes, et vengeances sanguinaires rugueuses. Le tout porté par la bonne ganache de Luc Merrenda, parfait dans ce genre de rôle, son visage sympathique collant à merveille à son personnage de flic ambitieux prêt à se laisser corrompre, dans la limite de ses principes.


Salut les pourris se détache un peu de la filmographie de Di Leo parce qu’il prend le temps de s’attarder sur ses personnages, de les développer dans leur psychologie, de manière à toucher bien plus le spectateur lorsque la roue de la violence se met en route. Mais il témoigne une nouvelle fois de la noirceur de son cinéma, qu’il ne prend même plus la peine de camoufler par quelques traits d’humour, ou alors c’est très furtif (les scènes impliquant le tordant Vittorio Caprioli qui cabotine autant qu’il le peut en citoyen concerné), préférant jouer la carte du premier degré, pour faire monter la tension jusqu’à un final noir en diable, aussi soudain que définitif.


Un très bon cru Di Leo en somme, qui permet au cinéaste de continuer son cycle de dénonciation d’une société italienne corrompue jusqu’à la moelle. La belle idée ici, et c’est à mon sens ce qui fait de Salut les pourris un film à part, étant que c’est son héro qui incarne cette corruption puis la remet en question dans le même temps.

oso
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le 19 nov. 2014

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