J'ai lancé ce film vers 1h du matin, un peu déprimée et sans avoir lu quoi que que ce soit à son sujet. Je me le suis pris de plein fouet. Le rythme du film est très bien maîtrisé, alternant entre deux temporalités de la vie de Sam, une jeune humoriste incarnée par la toujours incroyable Rachel Sennott.
Si l'on peut rapidement se douter de ce qui, dans le passé de Sam, a pu causer les difficultés qu'elle rencontre dans le présent, le film ne repose pas sur un simple principe de mystère et de dévoilement. Il vient plutôt décortiquer la complexité des relations qui régissent la vie de Sam, et leur inévitable chamboulement après le drame qu'elle a traversé.
Outre son lien avec Noah (son ex petit copain), ce sont surtout ses relations amicales (avec Paige, Brooke, Philip) qui me paraissent être le cœur du film. Ces relations entres femmes et/ou personnes LGBT+ viennent interroger la place de l'amitié dans les existences marquées par la violence du patriarcat. Confronté·e à la souffrance, comment faire tenir les liens amicaux ? Comment être là pour quelqu'un qui ne parvient pas à échapper à la souffrance ? Ou qui nous rappelle celle que l'on endure soi-même ?
Chacun tâtonne pour essayer de rester à flot, et c'est la puissance des amitiés féminines et queers qui sert de radeau.