Les films de Jodorowsky, un peu comme les drogues dures, ont la particularité d'être difficiles à prévoir si le voyage sera le bon ou pas. En fonction de l'ambiance, de notre état d'humeur, etc., on peut très bien apprécier ou pas.
Santa Sangre commence plutôt bien, avec son cortège et son ambiance de cirque. C'est déjanté, horrible et fascinant. La secte du Santa Sangre laisse même entrevoir une critique des dogmes et des dérives fanatiques, avec la patte de Jodorowsky.
Malheureusement, ce voyage ne fut pas le bon, me concernant. Trop long, trop lent, avec une musique désagréable à l'oreille, le film finit par lasser. Une histoire d'amour un peu bateau et une histoire de vengeance très classique viennent mettre la patience à rude épreuve.
C'est dommage, car l'univers partait vraiment bien, mais devient rapidement du très grand n'importe quoi, avec des mises en abyme lassantes. Jodorowsky ferait bien de se mettre un peu à la place de ses spectateurs, et cesser de croire que les folies sans queue ni tête qu'il pond ne suffisent pas - aidée de la dissonance cognitive - à faire de ses films des chefs-d’œuvre.