Jean et Fanny viennent de se rencontrer et s'aiment passionnément, et cela dure tout au long du roman d'Alphonse Daudet, même quand Jean apprend le passé de cocotte de sa chérie, plus communément appelée Sapho dans le milieu des courtisanes et des bourgeois.
C'est un amour qui dure et c'est malheureusement une sensation assez pénible, suivant l'adaptation et la mise en scène soporifique qu'en donne Léonce Perret. Celui-ci, qui a beaucoup œuvré au temps du cinéma muet, continue sur sa lancée, avec une direction d'acteurs généralement grossière et une réalisation démonstrative. Les scènes essentielles et intéressantes auraient pu tenir dans une moitié de film.
Face à un acteur, l'inconnu François Rozet, assez transparent, Mary Marquet joue plutôt mal la passion d'une femme mûre, d'une demi-mondaine qui, pour une fois, souffre d'amour tandis que son amant endure l'idée d'un passé de débauche. Il y a sans doute de la matière mais, en l'état de la réalisation, le couple est très insuffisant, dans le bonheur comme dans le drame. Pas de flamme, pas d'audace, pas de mouvement, tout est plan-plan.