Dans le port d'Alger, César Sarati est ce qu'on appellerait aujourd'hui un marchand de sommeil. C'est vraiment un sale type, brutal, avare, qui exploite les dockers et pousse l'ignominie jusqu'à avoir des visées sur sa nièce de seize ans, laquelle ne rêve que du jeune homme mystérieux qui vient de se faire embaucher.
C'est un exotisme algérois de pacotille que met en scène André Hugon, c'est-à-dire un exotisme de studio. Le réalisateur y développe une intrigue commune et prémâchée au moyen d'une mise en scène très prosaïque et d'un montage approximatif. Sarati le terrible est le personnage fort et incontournable du film, le seul. D'autant que c'est Harry Baur qui compose ce "monstre", pour lequel il s'est composé une tête, avec ses sourcils épais et sa chevelure bouclée, sa boucle d'oreille et ses tatouages. Il en fait beaucoup Harry Baur mais c'est sur cette figure hors du commun que repose le sujet.
Il incarne une brute épaisse dont le réalisateur ne parvient pas sensiblement à exprimer la seule facette qui l'humanise, sa passion pour sa nièce Rose. Lorsqu'on le voit dans son logement luxueux, Sarati figure aussi, dans l'esprit xénophobe de l'époque et jusque dans la caricature, le métèque parvenu.