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Evil Resurrection
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le 13 déc. 2023
Avec l’avènement du slasher et plus particulièrement de la saga Halloween, le film saisonnier est devenu un genre horrifique à part entière (Massacre à la Saint Valentin, Thanksgiving, Silent Night, Deadly Night). Cette catégorie comporte elle-même différentes sous-catégories, dont l’une sature de Pères Noël tueurs. Mais il est particulièrement ardu de mettre les gants sur certaines raretés.
Les abimes du slasher
Satan Claus est un film qui nous provient de la hotte de Tetro Underground, un label de films indépendants. Ce sombre slasher est si obscur qu’il faudrait un projecteur de plusieurs milliers de lumens pour y voir davantage, en raison d’un tirage ayant subi de sévères dommages pendant son développement. Cela n’a pas empêchait l’œuvre de Massimiliano Cerchi d’être exploitée outrageusement aux États-Unis avec une sortie VHS dès 1996.
La veille de Noël, un tueur en série vêtu d’un costume de Père Noël rôde dans les rues de New York. Un jeune acteur bénévole va alors tenter de l’arrêter avec l’aide de ses amis ainsi que d’une médium. Naturellement, il s’agit d’un slasher prototypique reléguant l’enquête policière à une série d’interrogatoires absurdes et dérisoires, tournants autour de la description de l’assassin (blanc, barbu, bedonnant avec un costume de Père Noël quoi !), ainsi qu’à une série d’échanges téléphoniques ne leur permettant jamais de retracer l’origine de l’appel. Malin, mais que fait la police ? Pas grand-chose. Pas plus que le tueur d’ailleurs, ne rencontrant aucune forme de résistance ou de gyrophare sur sa route. Le Père Noël est introduit comme un véritable salaud sadique et démoniaque prenant son pied à semer la mort avec brutalité.
Sur le plan scénaristique, l’intrigue est aussi droite qu’un coup de hache dans le visage. Au moins, le réalisateur nous épargne les sempiternels traumas de jeunesse, éludant les flash-back inutiles. La seule chose chose daignant intéresser Massimiliano Cerchi, semble d’orchestrer de «violentes» mises à mort avec un Père Noël cabotinant sous des airs de Jingle Bells, affublé d’une hotte remplie de morceaux de corps.
Quelles sont les motivations de cet énième forcené aux éclats de rires sardoniques ? Décorer un sapin de Noël avec les membres de ses victimes, pardi ! Cette quête délirante manquant manifestement de subtilité sert en réalité un mobile diabolique. Satan Claus finit alors par délivrer son twist scénaristique sur la base d’une grotesque histoire de vengeance tellement risible et grossière que nous omettrons de vous la divulguer.
New-York débarrassée de la racaille
Bien qu’il paraisse plus daté qu’il ne l’est, Satan Claus se déroule dans les années 90 sous l’ère Giuliani. New-York était alors en pleine période de réhabilitation, les quartiers autrefois ghettoïsés s’embourgeoisaient d’artistes bohèmes et de hipsters. Les trous à rats étaient démolis, et les indésirables parqués dans les coins les moins en vue de la cité. Les cambrioleurs, proxénètes, SDF, junkies et autres indésirables issus de la lie de l’humanité semblaient déjà appartenir au passé.
À défaut de pouvoir restaurer l’ambiance des peep-show, hôtels de passes et vieux cinéma porno de la 42ème rue traversée de néons, le terrain de chasse se limitera à une pitoyable banlieue résidentielle mal éclairée et déserte. Pratique lorsque l’on réalise un film clandestinement. La photographie sous-exposée et nimbée de projecteurs de couleur rouge et bleu permet néanmoins d’apporter quelques contrastes argentées à cette ambiance nocturne et interlope.
Les autochtones locaux seront (trop) peu nombreux, se limitant à une mégère offusquée, un ivrogne sans abri, une petite frappe, et à une poignée de rednecks consanguins et pouilleux. Pas tellement l’idée qu’on se fait de la Grande Pomme mais qu’importe, tant cette mécanique de prédation s’avère aussi tiède et piteuse qu’une soupe à l’oignon, et ce malgré un plan gratuit sur une opulente paire de nichons. À défaut de châtaignes et de sueurs froides, ce Noël sanglant ne devrait donc pas rester longtemps dans notre mémoire. On en a connu de meilleurs, mais aussi des pires... (Silent Night, Deadly Night 2)
En cette période de festivités où il convient de se réunir en famille, d'ouvrir les cadeaux et de déguster une bonne pintade fourrée. L’Écran Barge vous propose de déterrer la hache de guerre en pervertissant l'esprit de Noël. Cette sélection de films saisonniers accompagnés de critiques virulentes et acerbes est donc réservés aux viandards, aux bisseux, aux tueurs de masses, aux durs à cuirs, aux frustrés et à tous ceux qui ne croient plus aux bons sentiments et à la paix dans le monde depuis bien trop longtemps.
Créée
le 26 déc. 2024
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