D'une facture hybride et d'un pas décidément peu assuré, Satanic Panic, empreint de tout ce qui se fait de pire et de meilleur dans le cinéma d'horreur, oscille entre différents registres. Cet aspect hybride, principale qualité, est aussi son principal défaut.
Esthétiquement, c'est un carton plein: les décors sont magnifiquement travaillés et pleins de bonnes idées (le cabinet et les flacons, les scènes en extérieur), le clair obscur, les couleurs, les costumes et les accessoires y sont pour beaucoup. Mais la qualité de ces derniers est vraiment gâchée par un tournage bâclé, ponctué de faux raccords (le sang sur le visage de l'héroïne qui va et vient, notamment), de défauts techniques trop gros pour être sérieux et trop légers pour être parodiques (la brume dans la forêt qui sort de diffuseurs voyants, le maquillage raté de l'arbre), enfin des immondices un peu énervantes (la piètre qualité du sang face au travail incroyable de moulage), un scénario cette fois très certainement parodique mais trop crédible pour l'être complètement, des "cascades" et autres simulations qui tombent toujours à l'eau.
Les quelques premières secondes, en caméra première personne, appellent à la filiation au cinéma d'horreur amateur, puis aux blockbusters américains (Scream, It, Vendredi 13) et leurs parodies (Scary Movie en l'occurrence). La filiation aux nanars est maintes fois répétée (l'énorme chibre-tournevis, la chute de l'héroïne sur une branche, les rires, les coups du sort improbables et le jeu d'acteur).
Le film, qui peut se vanter d'inombrables qualités, est gâché par des défauts qui dépassent le cadre du nanar: en jouant toujours sur l'équilibre entre premier et second degré, le film ne tranche jamais et donc, à défaut d'un engagement qui lui aurait donné une tenue quand bien même il fut raté, s'enferme dans les défauts des films qu'il tourne en dérision, pour leur trop grand sérieux ou leur médiocrité.