🎬 SAUVE QUI PEUT - Alexe Poukine | ⭐ 6,5/10
Sauve qui peut n'est pas le premier documentaires sur le monde hospitalier. Il y eut, ne serait-ce que récemment, la trilogie de Nicolas Philibert sur les soins psychiatriques, le magnifique Notre Corps de Claire Simon et le non moins réussi Madame Hofmann de Sébastien Lifshtitz.
Mais celui-ci attire l'attention et se révèle assez singulier grâce à l'angle par lequel il aborde ce milieu tant de fois observé et décortiqué. En s'intéressant à la façon dont le personnel soignant est formé pour annoncer et accompagner la maladie aux patients et à leurs proches, il célèbre la parole comme soin et pointe du doigt l'importance de choisir et peser chaque geste et de chaque mot pour une profession pourtant elle-même déjà à bout de souffle.
Car c'est là que le film surprend, en dépassant rapidement son sujet initial pour devenir politique et témoigner plus largement d'un système en crise. Ainsi les ateliers de jeux de rôle et simulations se transforment souvent en exutoire aux malaises qui rongent l'institution : le manque de personnel, la brutalité du quotidien et le risque permanent de burn-out. Ou quand la maltraitance institutionnelle épuise le collectif...
La forme éclatée du film, qui mène de front et en parallèle ces deux sujets très forts et alterne entre de nombreux dispositifs de mise en scène et un montage parfois abrupt, introduit une certaine opacité dans le récit. Ce choix esthétique, bien que cohérent avec le trouble émotionnel vécu par les participants, peut aussi provoquer un effet de distance chez le spectateur. À plusieurs reprises, il devient difficile de discerner clairement la frontière entre ce qui relève de la simulation, du vécu personnel ou de la mise en scène documentée et le documentaire finit malheureusement par perdre de sa force.
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