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Critique de Save the Date par Lisazerty
Une histoire mignone et de bons acteurs incarnant des personnages attachants. Mais le film est sans grand intérêt dans l'ensemble.
le 19 avr. 2014
"Save the Date" de Michael Mohan (2012) s’inscrit dans cette lignée de films indépendants qui cherchent à capter les bruissements du quotidien, les flottements de l’âme et les maladresses de l’amour. Mais malgré une intention sincère et quelques instants touchants, le film, à mes yeux, ne dépasse jamais vraiment le stade de l’ébauche. Un 5/10, non par rejet, mais par déception face à un potentiel mal exploité.
Dès les premières scènes, le film s’installe dans une ambiance douce, presque cotonneuse. La lumière naturelle, la musique délicate, et une mise en scène épurée créent une bulle intimiste agréable. On se sent proche des personnages, presque invités dans leur quotidien. Il y a quelque chose d'attachant dans cette volonté de réalisme discret.
Mais cette atmosphère, aussi charmante soit-elle, finit par devenir un carcan. Le rythme manque d’élan, et l’histoire peine à s’embraser. Le film semble se reposer sur une esthétique de la retenue, mais sans donner suffisamment de densité dramatique pour nous maintenir engagés.
C’est sans doute dans les personnages que réside à la fois la force et la faiblesse du film.
Sarah, interprétée avec justesse par Lizzy Caplan, est le cœur battant du récit. Fragile, introspective, tiraillée entre l’envie d’indépendance et la peur de la solitude, elle incarne une génération en quête de repères émotionnels. Son refus instinctif de se conformer à ce que les autres attendent d’elle la rend à la fois agaçante et attachante – et c’est précisément cette ambivalence qui fonctionne. Sarah ne sait pas ce qu’elle veut, et le film réussit à nous faire ressentir cette errance existentielle.
En revanche, Kevin, son compagnon (Mark Webber), souffre d’un traitement plus schématique. Présenté comme un homme sincère, mais maladroit, il devient rapidement une figure passive, presque accessoire à l’évolution de Sarah. Il incarne davantage un symbole du confort qu’un être véritablement complexe. Le spectateur peine à s’attacher à lui, tant il semble réduit à son rôle de “petit ami éconduit”.
Le personnage de Beth, la sœur de Sarah (jouée par Alison Brie), aurait pu offrir un contrepoint intéressant : elle est structurée, ambitieuse, engagée dans une relation stable. Mais là aussi, on reste en surface. Leur relation fraternelle, pourtant centrale au récit, manque de tension dramatique. On aurait aimé que le film explore davantage leurs conflits latents, leur jalousie, leurs blessures.
Même Jonathan, le nouvel amour de Sarah, n’échappe pas à ce traitement flou. Graphiste un peu lunaire, il semble là pour incarner une alternative plus libre, plus créative – mais sans jamais dépasser l’archétype du “mec cool et compréhensif”. Il manque de rugosité, de faille.
Il faut le reconnaître : "Save the Date" évite les artifices, les effets de style forcés. On sent une volonté de rester dans le vrai, dans le subtil. C’est une qualité… mais aussi une limite. Car à trop vouloir rester dans le murmure, le film finit par manquer de voix.
Les conflits sont esquissés, les ruptures sont silencieuses, les décisions semblent prises hors-champ. Il y a un goût d’inachevé dans la manière dont les personnages évoluent – ou plutôt n’évoluent pas. Cela pourrait être un choix artistique assumé, mais j’y ai vu surtout un manque d’engagement émotionnel.
"Save the Date" est une œuvre sincère, pudique, portée par une héroïne bien incarnée. Mais c’est aussi un film qui reste dans une zone de confort esthétique, sans jamais réellement creuser ses personnages ni ses enjeux.
On sent une belle promesse : celle de raconter des trajectoires féminines complexes, des relations imparfaites, une forme de liberté personnelle. Mais cette promesse reste à moitié tenue. J’aurais aimé être plus remué, plus impliqué, plus ému.
En fin de compte, ce n’est pas un mauvais film, mais un film frustrant : parce qu’il avait tout pour être bien plus. Un tableau esquissé avec sensibilité… mais qui, faute de profondeur, ne parvient jamais vraiment à toucher.
Créée
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