Disponible sur Shadowz depuis le 28 mai 2021, Scare Me bénéficie d’avis positifs de la part de la communauté SensCritique. Ni une, ni deux, je m’y lance ! D’autant plus que le programme est alléchant : faire peur sans avoir recours aux artifices traditionnels de l’horreur, sans hémoglobine et effets spéciaux, mais en se concentrant seulement sur la force du récit. Souvenez-vous quand vous vous amusiez à vous raconter des récits d’horreur, jeunes adolescents, au coin du feu.
Le début du film se révèle prometteur : le personnage de Fred, harcelé gentiment par sa conductrice, se présente tout de suite comme attachant. Une fois arrivé, seul dans son chalet, il s’imagine des situations horrifiques (couteau à la main, porte qui s’ouvrirait toute seule, etc.) censées l’inspirer pour le scénario qu’il essaye tant bien que mal de rédiger (une obscure histoire de vengeance et de loup-garou). Parti courir, il rencontre la célèbre Fanny Addie, auteure de romans d’horreur. Alors qu’un orage coupe le courant des chalets respectifs et que Fanny se réfugie chez Fred, celle-ci propose à son voisin de jouer : se faire peur mutuellement au coin du feu, par la force des mots et de l’histoire.
A partir de là, le film patine. La première histoire, qui voit Fred développer sa banale histoire de loup-garou, ne passionne guère. Constamment interrompu par cette prétentieuse de Fanny, Fred s’en sort par son jeu d’acteur. La seconde histoire, racontée par Fanny, devrait pourtant passionner puisque mise en mots par une célèbre romancière. Mais là non plus la sauce ne prend pas.
Scare Me ne passionne guère car il ne respecte par le programme annoncé, voilà le hic. Si la force du film était de mettre en avant les mots et le story-telling, pourquoi introduire subitement des éléments fantastiques qui ne collent pas, telle cette main de loup-garou lors du récit de Fred ? Pourquoi ne pas faire confiance à l’imagination du spectateur ?
Le défaut de Scare Me réside aussi dans ses constantes ruptures de ton. A chaque histoire racontée, l’auditeur interrompt le narrateur pour poser des questions ou encourager celui-ci. Si bien que ces constantes interruptions sortent le spectateur à chaque fois qu’il arrive à s’immerger dans l’histoire racontée. Au final, Scare Me ne fait pas peur.
Peu passionné par ce qui se tramait sous mes yeux, j’ai quitté le film au bout de 45 minutes.