Une perle, une pépite, que dis-je, un bijou que je ne peux que fortement conseiller aux amateurs de curiosités ou de bizarreries des années 80. C'est tordu, bien malsain et même scabreux par moments.
Dans la famille Linden, il y a le papa médecin, la maman obsédée par la propreté et les deux enfants sages et obéissants. Le papa a tout de même une petite bizarrerie qui aura une grande importance dans l'histoire : il possède un écorché hyperréaliste assis dans son cabinet qu'il fait parler par ventriloquie pour expliquer l'anatomie ou les fonctions du corps à ses deux chérubins.
C'est déjà bien tordu, comme idée, hein ? D'autant que le mannequin, avec ses yeux qu'on dirait vivants, est vraiment dérangeant, voire flippant quand il "parle" d'une voix chelou. C'est une idée quand même bien tordue d'avoir un truc aussi horrible dans son cabinet de consultation. Mais ce n'est que le début.
Le fiston du médecin est témoin d'une scène bien scabreuse dans le cabinet de son père qui implique l'infirmière et Pin (diminutif de Pinocchio) l'écorché. Je vous fais pas un dessin, vous avez compris. J'ai beau avoir déjà vu le film il y a 4 ans, l'audace de ce truc m'a encore stupéfaite. On ne voit rien à proprement parler, mais le son est là.
Pour le scabreux, c'est loin d'être fini, car Pin sert aussi au papa médecin à montrer l'appareil reproducteur mâle à ses enfants. Ça fait bien rire la soeur d'ailleurs.
Après la mort des parents - dans laquelle Pin joue un rôle -, Ursula et Leon se retrouvent à vivre seuls dans la grande maison familiale. Leon, qui a fait de Pin son seul ami, le ramène à la maison. Il continue de le faire parler par ventriloquie comme le faisait son père. Mais Leon devient de plus en plus bizarre - il est jaloux de sa soeur limite incestueux - et la place grandissante occupée par Pin dans la maison commence à inquiéter sa soeur.
Je m'arrête là pour laisser le plaisir de la découverte. Le film réserve encore bien des surprises tordues et reste dérangeant jusqu'au bout, grâce au personnage de Leon, croisement entre Corky le ventriloque schizophrène de Magic et Norman Bates, et à Pin, mannequin au visage impassible très creepy. Le portrait de Leon est troublant de réalisme et de précision. L'acteur, David Hewlett, est génial avec son air de gentil garçon inoffensif qui fout les jetons dès qu'il pique une crise de jalousie ou de paranoïa.
Le père est joué par Terry O'Quinn, acteur naturellement inquiétant tout de suite crédible en père à la froideur dérangeante.
Les acteurs qui jouent la soeur et son petit copain sont très bien aussi.
La musique est typique des années 80, pour ceux qui aiment. Il y a même une courte scène en boîte de nuit, avec musique 80's et looks typiques (cheveux crêpés et grosses boucles d'oreille pour les filles ^^) qui rendront certains très nostalgiques de leur adolescence.
La réalisation et la photo n'ont rien de remarquable, mais Pin n'a rien d'un film d'action et se passe essentiellement en intérieur. Nul besoin d'une mise en scène sophistiquée. Le mannequin est filmé en plan fixe et son regard humain dans son visage de cire se suffit à lui-même.