« Les bébés chiens vaincront »

Au secours ! Il me fait pipi dessus !

La fine équipe de Mystères et Compagnie, jadis dissoute par les caprices du destin, sera derechef conviée à élucider l’étrange métamorphose du comportement des visiteurs d’un parc d’attractions.


Une féerie burlesque aux fastes inaltérables

Il est des œuvres cinématographiques qui, telles des comètes fastueuses, strient à jamais la voûte tendre de nos jeunes années ; Scooby-Doo appartient, pour moi, à cette constellation précieuse, étincelante et ineffablement chère. Lorsque j’étais miston, je recevais cette aventure comme une friandise exquise, bariolée et pétillante ; aujourd’hui encore, elle m’apparaît avec une splendeur riante et merveilleuse qui ne s’est point étiolée sous l’usure des ans.

Sous la férule inspirée de James Gunn — bien avant qu’il ne s’illustre aux commandes de Les Gardiens de la Galaxie — le film fait preuve d’un esprit d’une malice étincelante, volontiers autoréflexive, qui raille avec une allégresse savamment dosée les poncifs de la série originelle. Les dissensions internes du groupe, l’infatigable propension de Fred à s’approprier les trouvailles de Véra, les lunettes obstinément égarées de cette dernière : tout cela est exhibé, amplifié, tourné en badinage avec une virtuosité narquoise qui ravit l’entendement.


Une mécanique comique d’une exquise impertinence

L’argument du film s’abandonne avec une jubilation pantagruélique à la fringale perpétuelle de Sammy et de son chien, fringale dont chacun perçoit l’allusion facétieuse aux douceurs prohibées de certaines contre-cultures. Cette malicieuse insistance, jamais pesante, instille une saveur supplémentaire à l’entreprise, la rendant délectable pour un public parvenu à maturité. Que la dulcinée de Sammy se nomme Marie-Jeanne ajoute encore à cette plaisanterie un fumet drolatique, délicieusement appuyé.

L’audace atteint un sommet d’hilarité lorsque le neveu de Scooby se révèle être l’architecte des noirceurs : idée agréablement saugrenue et baroque en son outrance. Le scénariste a d’ailleurs reconnu avoir ourdi ce sort par antipathie personnelle envers le personnage.


Splendeurs plastiques et menues réserves

À la revoyure, je ne puis m’empêcher de sourire en songeant qu’enfant, je n’avais nullement prêté attention aux décolletés opulents et proliférants, exhibés dans ce spectacle pourtant destiné à la jeunesse ; l’innocence a ses pudeurs et ses œillères. Si quelques facéties flatulentes paraissent d’un goût discutable, elles n’altèrent guère l’éclat général de cette fantaisie cinématographique.

Bref, cela demeure à mes yeux une œuvre éblouissante, foisonnante, d’une exubérance savoureuse, qui aura imprimé dans ma mémoire enfantine une marque indélébile et chatoyante, et dont la verve railleuse continue, aujourd’hui encore, de m’enchanter avec une constance admirable.


Trilaw
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le 16 févr. 2026

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