Scream occupe une place particulière dans ma cinéphilie: à 15 ans, ça a été une œuvre fondatrice et ma véritable porte d'entrée vers le cinéma, et je porte toujours le premier opus très haut dans mon cœur. C'est notamment à travers cet aspect qu'on appelle aujourd'hui la « méta » que j'ai découvert tout un pan du cinéma d'horreur : John Carpenter, Wes Craven, Tobe Hooper, ou encore Sean S. Cunningham.
Les cinq suites n'ont jamais retrouvé cette saveur particulière. À chaque fois, c'est surtout le scénario qui en était la faiblesse principale : avec des révélations souvent proches d'un épisode de Scooby-Doo.
Pour ce septième opus, j'avais de vrais espoirs: Le retour de Sidney et la réalisation de Kevin Williamson et Marco Beltrami sur la musique me semblaient prometteurs.
Et je dois même avouer avoir eu la chair de poule au moment du générique d'ouverture de Paramount, porté par le thème de Marco Beltrami.
Malheureusement, mes attentes ont été une fois de plus douchées. Le film pousse l'aspect méta beaucoup trop loin et tombe constamment dans le fan service. Certaines scènes sont vraiment trop référentielles : la scène d'intro dans la maison des Macher ou encore la scène où le petit ami de Tatum rejoue quasiment plan par plan l'entrée de Billy par la fenêtre chez Sidney. Là où le premier Scream utilisait les codes pour mieux les détourner, Scream 7 se contente souvent de les répéter.
On rencontre donc la famille de Sidney, à commencer par Mark, son mari policier, qui n'est donc pas Mark Kincaid (Patrick Dempsey) de Scream 3 comme les théories pouvaient le faire penser, mais Mark Evans, interprété par Joel McHale, puis Tatum (Isabel May), sa fille, évidemment surprotégée par sa mère. Tout l'aspect familial est souvent sur-expliqué, avec une avalanche de bons sentiments et de dialogues explicatifs qui alourdissent considérablement le rythme du film, surtout au début.
Concrètement Tatum est le choix assumé pour devenir la nouvelle héroïne pour la suite de la franchise et on sent clairement que ce 7eme film cherche à passer le relais après l'avortement de la trame narrative installée par les épisodes 5 et 6. Il y a malgré tout un certain plaisir à voir Tatum affronter Ghostface: On retrouve alors brièvement l'énergie teenage qui faisait le charme de la saga.
Tous les ingrédients de la saga Scream sont présents : les références, les règles du slasher (même si on fait genre), les suspects multiples et le "jeu" avec le spectateur, mais il manque toujours cette saveur du premier film, cet équilibre entre humour, tension et "meta"... Et la révélation finale reste malheureusement dans la tradition des suites...
Et pourtant, malgré tout ça, je ne peux pas être complètement sévère avec ce film. Il y a toujours ce petit truc qui fonctionne sur moi. Le plaisir de retrouver Neve Campbell, toujours aussi bad-ass, l’ambiance, Ghostface, la BO (bien que repompant presque intégralement les musiques du premier film)… Une sorte de confort nostalgique.
Impossible d’égaler le premier, mais assurément pas le pire non plus… et si je suis honnête, je sais que j'irai voir le prochain.