J'adore "Scream". Ce sont des films avec lesquels j'ai grandi et qui m'ont surtout ouvert les portes du cinéma d'horreur. Et même si, pour moi, la franchise s'arrête au quatrième épisode, j'ai trouvé la détermination de me taper 70 bornes, de trouver une place dans Paris sans payer un parking à 30 balles de l'heure pour aller voir ce septième opus en avant-première au Grand Rex. Et l'ambiance était folle.
Ce que je voulais, c'était une ambiance à la scène d'introduction de "Scream 2" et c'est clairement ce que j'ai eu ! Une petite mise en scène très bien foutue par le Grand Rex, des fans déguisés en Ghostface, des applaudissements aux scènes de meurtres, aux introductions de personnages iconiques et aux retours de musiques qui le sont tout autant, des "aaaah" et des "ooooh" dans tous les sens ; bref, c'était une expérience qui valait vraiment le coup. Et puis, il y a eu le film. Et là, c'est clairement moins marrant.
Pourtant, même si j'ai de forts aprioris depuis le soft reboot de 2022, c'est Kevin Williamson qui reprend cette troisième itération en mains, à la fois au scénario et à la réalisation ! Il y a avait donc de l'espoir seulement, il ne faut pas oublier que les premiers jets de "Scream" ne ressemblaient pas du tout au résultat final de 1996. C'est surtout Wes Craven qui chapeautait un peu tout derrière pour donner quelque-chose de méta et d'intelligent, ce qui a permis une véritable réflexion sur le genre et en a même lancé un nouveau : le néo-slasher. Et côté mise en scène, eh bien Williamson n'avait réalisé que "Mrs. Tingle", sympa sans plus, baignant surtout dans son époque. Et pour le film qui nous intéresse ici, c'est un peu le même problème, on sent que c'est un passionné qui veut faire revivre le mythe "Scream" sur grand-écran mais avec énormément de maladresses, à la limite d'une fan-fiction.
La sortie de "Scream 7" est également entourée de polémiques dont je ne parlerai pas ici car je m'en tape un peu mais elle est tout de même importante pour comprendre l'histoire. Les sœurs Carpenter ne sont plus de retour mais Sidney oui. Il faut donc construire une intrigue autour des personnages restants des deux derniers films mais également des deux figures emblématiques de la saga, à savoir Sidney et Gale. Ce qui place le film un peu le cul entre de chaises, d'autant plus que Williamson se fout un peu des personnages des deux précédents films et qu'il ne sait pas trop quoi en faire. Ils ont une ou deux scènes importantes mais ça s'arrête là et d'ailleurs les nouveaux personnages sont surtout là pour alimenter le body count. Il n'y a donc plus tellement l’aspect whodunit des précédents opus, surtout pour un élément en particulier que je ne dévoilerai pas ici (et que c'est ridicule ça aussi). Et ça se ressent énormément dans le reveal final d'ailleurs qui est certainement un des pires de la franchise, oui même pire que celui de "Scream VI".
Williamson a voulu construire un scénario autour de la relation mère/fille entre Sidney et Tatum. Sauf que même ça, c'est raté, c'est plus ou moins la même relation qu'avec la cousine de Sidney dans le quatrième opus, on ne sent pas de réelle alchimie entre les deux et la volonté de vouloir passer (une nouvelle fois) le flambeau à une nouvelle génération, à une "Sidney 2.0", tombe complètement à plat. Cette intrigue n'est finalement qu'une suite de meurtres, certes originaux pour certains, mais sans réel intérêt. Il n'y a pas d'évolution de personnages et puis bon, tout le délire autour de l'IA et des deep fakes, qui est quand même le thème principal du film, est sacrément mal traité et sert surtout à alimenter un fan service particulièrement laborieux et racoleur.
Pourtant, après une scène d'introduction efficace, on pourrait croire que la volonté du réalisateur est de tirer un trait sur les anciens pour bâtir quelque-chose de nouveau. Mais la scène suivante dans la chambre de Tatum, miroir de celle de Sidney (allant même jusqu'à reprendre le morceau "Don't Fear The Reaper") nous indique en réalité tout l'inverse : Williamson se fait plaisir en alignant du fan service. Alors certes, c'est divertissant (la scène dans les murs est bonne par exemple) mais c'est à la hauteur du soft reboot de "Souviens-toi... l'été dernier" à la différence que contrairement à ce dernier, "Scream 7" se prend beaucoup trop au sérieux et n'a pas ce recul et ce second degré qui caractérise pourtant si bien la franchise.Et puis même au niveau de la mise en scène, c'est très pauvre, Williamson singe surtout Wes Craven à travers quelques plans qui se veulent malin.
Mais paradoxalement, "Scream 7" fut l'une des meilleures expériences ciné de ma vie de cinéphile, pour les raisons évoquées plus haut et pour le côté méta dans le méta. Le film, lui, fait malheureusement partie des pires de la saga. Il serait peut-être temps d'enfin donner à Sidney son happy end.