J’admet avoir été plutôt indulgent avec la saga. Une indulgence qui vient de l’affect générationnel que je porte à Scream. Après tout, je ne vois pas d’autre franchise majeure du slasher qui corresponde à ma tranche d’âge, et dont j’ai donc vu les épisodes défiler à mesure que je grandissais, en temps réel, ce qui aide à ancrer chaque nouvelle mouture dans le jus de son époque.
J’ai donc été indulgent malgré un troisième épisode simplement mauvais, un cinquième épisode en legacyquel décomplexée qui n’hésitait pas à faire du pied grossier aux tendances du moment et un sixième tentant la tabula rasa en déplaçant l’action à New-York tout en bâtissant sa nouvelle identité sur son prédécesseur, quitte à devenir indigeste dans son exécution. Mais même ces épisodes faiblards tentaient de renouveler l’intérêt en intégrant des éléments contemporains à la formule méta, que ce soit pour continuer de subvertir les attentes du spectateur ou simplement jouer avec la mise en scène (on se souviendra des caméras embarquées et autres webcams du quatrième volet).
Scream 7 lui ne tente pas grand chose. C’est un festoche de clins d'œil putassiers se cachant derrière le prétexte d’un deepfake qui n’est jamais exploité autrement que dans ce tapinage nostalgique. C’est une introduction complètement aux fraises où le méta est réduit à peau de chagrin dans une replongée littérale sur les lieux des films précédents qui sont in fine déconnectés du reste du film. C'est des personnages qui n'existent pas, se contentant de ressasser le passé dans un nostalgia-porn sans vergogne.
La seule variation est rythmique, nous proposant d’entrer dans le vif sans préliminaires, et de rapidement démasquer un des tueurs qui est… un inconnu.
Et c’est là la crétine brèche dans laquelle s’engouffre Kevin Williamson, le parti pris de ne pas faire des usual suspects les tueurs et de donner les rôles à des quasi figurants apparaissant deux minutes à l’écran (mais parvenant tout de même à être grillés, particulièrement le gars de l’asile). Du coup leurs mobiles sont complètement cons et jamais nous n'aurons eu le droit à un reveal final aussi ridicule (jusqu’à la survie du père, increvable).
Scream 7 est un raté total qui prétend faire du neuf mais ne propose en réalité que du vide. Pas une idée qui surnage, pas une scène qui justifie l’existence du film (on va même pomper les murs creux de The Raid), juste des vieux pots (désolé Courteney, mais faut vraiment changer de chirurgien) dans lesquels on a placé des fleurs en plastoc inodores.
Allez, le huitième est déjà annoncé…