Scream, jusque là, avait miraculeusement réussi à se réinventer au fil des épisodes, inégaux certes, mais garants d'une mythologie comme un vieil athlète boiteux emmène la flamme olympique un peu plus loin, dont la performance principale n'est pas la vitesse de croisière mais la capacité à garder le mouvement. Impossible de savoir si le crash de ce 7ème épisode vient de la décision révoltante des producteurs d'avoir viré Melissa Barrera suite à sa dénonciation du génocide palestinien, d'une volonté générale de réorganiser l'écriture autour de thématiques moins progressistes, mais l'on sent cet opus tiraillé entre une histoire qui travaillait son rapport au patriarcat, au voyeurisme, à l'émancipation (toujours par un prisme assez méta qui semblait plus humoristique que vraiment sérieux, peut-être), et une pensée plus réactionnaire qui tord les thèmes pour leur faire dire l'inverse, où les figures féminines pourraient sans problème devenir des pubs vivantes pour la NRA,
où les meurtriers sont des échappés de l'asile (ah, le fameux cliché psychophobe si rassurant du tueur fou) et une victime de violences conjugales (?!) (difficile de ne pas y voir une sorte de moquerie goguenarde envers "meetoo qui serait allé trop loin")
Le fond bien rance est déjà un problème suffisant en soi, mais il s'ajoute à une flemme généralisée, d'écriture, de construction, de rythme, où les anciens personnages reviennent à la chaîne pour cocher le bingo nostalgique auquel personne ne croit, où les nouveaux n'ont pas le temps de nous intriguer avant de disparaître. Scream devient un slasher parmi d'autres, à peine au dessus d'un Souviens toi l'été dernier, alors qu'en apparence, tout y est.
Tout y est, mais voilà, balancé sans idées, juste sur la force évocatrice de Neve Campbell (qui fonctionne par moments), il ne reste qu'un fond de soupe tiédasse, qui tire souvent contre son camp (ou alors qui a définitivement changé de camp). A oublier (c'est sans doute déjà fait).