3
2401 critiques
Abstention !
Après le désespoir absolu, donc la lucidité, d'Adieu les cons, qui lui a valu un très joli nombre de spectateurs ainsi qu'une belle moisson de César, Albert Dupontel s'enlise bizarrement dans une...
le 26 oct. 2023
Le paysage politique français vu par Albert Dupontel ? N’importe quel amateur de l’interprète de Bernie Noel se trouverait appâté par un tel concept, mais a-t-il su conservé sa verve et sa hargne de ses débuts cinématographiques ?
Bienvenue à la cérémonie des pourris d’or
Après avoir assisté à un « improbable accident » quasiment sortie d’un énième Destination finale (vous admirerez le grand écart entre deux univers n’ayant absolument aucun point commun), notre point d’ancrage dans le récit nous rassure au moins sur une chose : on est bien chez notre artiste adoré. Arborant un calme et une douceur renfermant une colère grondante et une soif de vérité autodestructrice, nous allons donc suivre Isabelle Pove, une journaliste en disgrâce, qui va se retrouver désignée par son directeur (répondant au nom de Robard... Jason Robards interprétant le patron des journalistes du chef d’oeuvre Les hommes du président) pour couvrir la campagne d’un candidat trop lisse pour être honnête. Forcément elle va trouver un complot, sauf qu’il n’a rien à voir avec ce qu’elle pensait....
Tout ce qui se trame jusqu’à la découverte de notre journaliste tête brûlée sera l’occasion de rencontrer des personnages toujours aussi haut en couleurs dans des situations souvent décalées (Bouli Lanners et son match de foot qui m’auront occasionnés un éclat de rire), chacun étant persuadé d’avoir l’ascendance sur l’autre, quand bien même personne ne détient les clés d’une machination peut être pas si diabolique, si ce n’est le personnage le plus mutique. Et c’est là qu’Albert Dupontel vise juste. Tout est rythmé, les petits détails s’enfilant comme des perles et on est à fond avec Isabelle jusqu’à ce basculement, nous emmenant dans un derniers tiers tirant sur une version dépressive de La gueule de l’autre de Tchernia (avec un candidat à l’opposition si bien écrit qu’on le croirait sorti d’un vrai débat politique avec son argumentation hasardeuse dépourvue... d’arguments, tenant plus à de la véhémence gratuite saupoudrée d’une vision unilatérale de faits).
Alors ? On fait moins le malin là hein ?
C’est sur cette tirade de ce bon vieux Bernie que je continuerai. Car ouais au final je fais moins le malin. Là où on peut effectivement voir une baisse de régime dans l’acharnement à égratigner les institutions françaises, j’y vois une grande humanité. Car au final, peut être qu’il met de l’eau dans son vin, mais il conserve une grande lucidité sur notre actualité et notre monde, chacun restant avant tout humain et aucune victoire n’est obtenue sans sacrifice...
La forme est moins survoltée, mais notre frondeur conserve un certain dynamisme, que ce soit lors du visionnage de vidéos où les silences s’avèrent plus primordiaux que les propos vides ou lors d’une « fusillade ». Isabelle est superbement interprétée par une Cécile de France que je n’avais pas vu aussi bien employée depuis fort longtemps, notre candidat par un Dupontel impeccable aux antipodes de son rôle campé dans le Président de Delplanque et comme toujours tous les seconds rôles, aussi fugaces soient ils, parviennent à exister à travers les habitués du cinéaste parmi lesquels on retrouve les truculents Jacky Berroyer, Nicolas Marié ou encore Philippe Duquesne.
Résultat du scrutin ?
Le résultat sera un joli oui. Alors oui on aurait pu attendre un propos plus radical, oui on aurait pu croire à un massacre en règle de la caste politique et de la bien pensance, mais c’est justement là où il frappe fort, en allant dans une direction tellement humaine qu’il touche le coeur plutôt que la tête, remplaçant le point levé par un câlin. Peut être que la vindict a laissé sa place à la fatigue et à la lassitude mais subsiste une intelligence d’âme tellement rare qu’elle me satisfait amplement.
Créée
le 8 juil. 2026
Critique lue 10 fois
3
2401 critiques
Après le désespoir absolu, donc la lucidité, d'Adieu les cons, qui lui a valu un très joli nombre de spectateurs ainsi qu'une belle moisson de César, Albert Dupontel s'enlise bizarrement dans une...
le 26 oct. 2023
7
192 critiques
Le virage pris par Albert Dupontel depuis "9 mois ferme" fait des merveilles. Plus équilibré, plus sensible, son cinéma gagne depuis sur tous les plans avec cette exigence formelle qui le caractérise...
le 16 juin 2023
4
8263 critiques
Dupontel le dit lui même, Second tour n'est en aucun cas un brûlot politique et pas non plus un film témoignant d'une l'indignation à la Ken Loach. C'est un documentaire consacré à Robert Kennedy,...
le 8 sept. 2023
8
45 critiques
Le biopic est un genre casse gueule, le choix d’une réalisation classique et d’un scénario aux allures de page wikipedia, avec une absence de dramaturgie et de point de vue, souvent privilégié par...
le 16 juin 2026
4
45 critiques
Deux jeunes mormones vont essayer de convertir un homme d’âge mur à son domicile. Bien évidemment rien ne va se passer comme prévu. C’est de cet intrigant postulat que part le film Heretic, renforcé...
le 15 avr. 2026
6
45 critiques
Evanouis est le dernier film de Zach Cregger, qui avait remporté un joli petit succès en 2022 avec son précédent film, Barbare, que j’avais trouvé sympathique. Déjà auréolé d’un succès critique et...
le 19 mars 2026
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème