3
le 26 oct. 2023
SuivreAbstention !
Après le désespoir absolu, donc la lucidité, d'Adieu les cons, qui lui a valu un très joli nombre de spectateurs ainsi qu'une belle moisson de César, Albert Dupontel s'enlise bizarrement dans une...
Albert Dupontel est un homme que j’admire beaucoup, depuis ses premiers spectacles. Ses one-man-shows m’ont fait rire aux éclats. Alors forcément, je suis beaucoup plus tendre avec lui, même lorsqu’il se plante.
C’est un peu le cas avec Second Tour. Comme d’habitude, Dupontel écrit, réalise et joue dans son film.
L’histoire suit une journaliste et son cameraman, tous les deux mis au placard après une faute professionnelle. Par un concours de circonstances, elle se retrouve chargée de suivre un candidat à l’élection présidentielle, ancien économiste. Avec son fidèle acolyte, elle va rapidement mettre la main sur un scoop qui pourrait bien bouleverser la campagne.
Première remarque : les bandes-annonces sont de plus en plus mensongères. Celle de Second Tour vendait une comédie politique. Bien sûr, il y a de ça. Mais le film est surtout un thriller complotiste, un genre particulièrement présent dans le cinéma des années 70.
En réalité, Second Tour est avant tout une fable. Dupontel s’est toujours revendiqué de l’héritage de Chaplin et, sur ce point, le film s’inscrit clairement dans la lignée de ce génie du cinéma. Il cherche à parler de notre époque en passant par l’absurde, la satire et la caricature.
Le problème, c’est que le film part dans tous les sens.
Il y a énormément de choses à raconter et beaucoup d’explications à caser. Dupontel cherche constamment des solutions visuelles pour éviter les longs dialogues. L’intention est louable. Mais à force de tout souligner par l’image, le film finit par prendre ses personnages à distance.
Et surtout, Dupontel veut aller vite. Trop vite.
On n’a pas le temps de respirer. Pas le temps de vraiment s’attacher aux personnages. Pas le temps de rire franchement ou d’être ému. Tout s’enchaîne à une vitesse folle, comme si Dupontel avait peur de laisser le moindre espace vide.
J’ai parfois eu l’impression de regarder le résumé d’un film plutôt que le film lui-même.
Les acteurs sont pourtant tous bons. Nicolas Marié est, comme toujours, d’une immense drôlerie. Et Dupontel conserve cette énergie qui fait que, même lorsque son film me laisse sur le bord du chemin, je ne m’ennuie jamais.
Ce n’est pas complètement réussi, mais ça ne s’arrête jamais. C’est déjà ça.
Et si vous aimez les fables politiques déjantées, je vous conseille Bulworth de Warren Beatty. Là aussi, la politique en prend pour son grade.
Créée
il y a 7 jours
Critique lue 11 fois
3
le 26 oct. 2023
SuivreAprès le désespoir absolu, donc la lucidité, d'Adieu les cons, qui lui a valu un très joli nombre de spectateurs ainsi qu'une belle moisson de César, Albert Dupontel s'enlise bizarrement dans une...
7
le 16 juin 2023
SuivreLe virage pris par Albert Dupontel depuis "9 mois ferme" fait des merveilles. Plus équilibré, plus sensible, son cinéma gagne depuis sur tous les plans avec cette exigence formelle qui le caractérise...
4
le 8 sept. 2023
SuivreDupontel le dit lui même, Second tour n'est en aucun cas un brûlot politique et pas non plus un film témoignant d'une l'indignation à la Ken Loach. C'est un documentaire consacré à Robert Kennedy,...
8
le 25 avr. 2025
SuivreVU SUR NETFLIX RAVAGEPutain, ça fait du bien. On va pas se mentir, j'aime le cinéma dit bourrin. Et je me contente de peu. Je peux prendre même du plaisir dans des dtv et vod de seconde zone. Mais...
10
le 13 mai 2025
SuivreLES FRERES SISTERSImpressions à chaud, quelques minutes après être sortit de la salle du cinéma.Il faut voir ce film si vous aimez Jacques Audiard, il ne vous décevra pas.Il faut voir ce film si vous...
2
le 2 avr. 2025
SuivreVU SUR NETFLIX Attention chef-d'œuvre.Le scénario est brillant. La mise en scène est inventive. Les acteurs sont tous formidables. Évidemment, je déconne. C'est nul. Jamais drôle. Visuellement très...