Une belle propriété à la campagne et des vacances estivales qui s'annoncent joyeuses et insouciantes. Le petit dernier Pitou est turbulent, alors un précepteur est attendu.
Inspiré d'une nouvelle de Tourgueniev, que je n'ai pas lue et que je devine plus sensible, le film de Pierre Blanchar, réalisateur et acteur secondaire dans le rôle d'un ami de la famille, balance entre la comédie et les chagrins sentimentaux ; il est très lisible. Reste à savoir à quel point le jeune et aimable précepteur (Gilbert Gil) troublera la quiétude et la bonne humeur de l'endroit. Séduira-t-il la maitresse de maison Marie-Thérèse (la belle Marie Déa) ? Sa filleule adolescente Claire ? Les deux ?
La maladresse de Pierre Blanchar et l'époque cinématographique ne permettent pas de restituer la valeur et l'intérêt des personnages, féminins en particulier. La naissance de l'amour, la soudaineté et l'impériosité du sentiment- et ne parlons pas de sensualité- ne sont pas expliquées ou étudiées. L'approche est romanesque, en aucun cas psychologique ou humainement authentique. Surtout lorsqu'il s'agit d'une femme mariée, dont la principale qualité, spécialement sous le cinéma de Pétain, est de rester à sa place.
Blanchar dirige mal ses actrices, lesquelles surjouent dans des proportions qui privent leur personnage de vérité, quand elles ne les affublent pas de ridicule. Le scénario imagine même une séquence onirique-probablement absente de la nouvelle originelle- dont la fantaisie et le contenu sont une incongruité à la fin du film, laquelle est particulièrement balourde.
Il nous reste à imaginer, à travers la mise en scène fruste de Blanchar, la beauté et la sensibilité des personnages de Tourgueniev.