1er Mai je te hais (since 1994)
La vie de Ayrton Senna était cinématographique, héros national puis mondial à la destinée faite de gloire et de tragique, ce documentaire ne pouvait qu'ètre émouvant.
Le film ne s'adresse pas exclusivement aux fans de F1 et c'est là une de ses grandes forces, on nous raconte la destinée d'un homme, son ascencion et sa fin, par le biais d'un montage parfait d'images d'archives rares, poignantes et iconiques; à une époque où la rivalité sur la piste pouvait encore passionner.
Le rapprochement pourra sembler hasardeux, mais Senna c'était Rocky, pas le même sport mais la même hargne au combat; et là où le film est très réussi c'est qu'il parvient à restituer de manière juste l'homme qu'était Ayrton Senna, sa soif de réussite,son caractère parfois limite, son aura, ses convictions et tout cela de l'intime aux devants des caméras.
Certaines scènes m'ont vraiment "foutu les poils" comme on dit dans le sud, je pense à son passage dans une émission de télé pour noel juste après son premier titre de champion du monde '88, où la présentatrice l'embrasse pour lui souhaiter de la chance avec un bisou pour 89, un pour 90, un pour 91, un pour 92, un pour 93 et... c'est fini, pas de 94... Je sais c'est con, elle allait pas en faire 200 mais bon ça ma fait bizarre.
La deuxième scène marquante, et là franchement y'a rien à dire, sa première victoire au Brésil en 1991, les hurlements à la fin du grand-prix, c'est juste magnifique, il est hors de lui à ce moment là, fou de joie, le terme est on ne peut plus approprié. Il finit rincé, ne peut plus lever les bras, il est allé au bout de la souffrance, c'est beau.
Bref, bref, merci à Asif Kapadia pour ce film qui rends hommage à l'idole de mes jeunes années et qui m'a fait remonter les memes larmes que celles de ce putain d'après-midi de printemps 1994.