Du coup d'État sud-coréen du 12 décembre 1979 ayant conduit à la prise de pouvoir par Chun Doo-hwan, j'en connaissais surtout l'événement déclencheur à travers le récit fait par Im Sang-Soo dans "The President's Last Bang", à savoir l'assassinat du président Park Chung-hee quelques mois plus tôt. Dans le présent film de Kim Sung-Su, cet élément constitue le point de départ, puisque la première demi-heure de "Seoul Spring" est entièrement consacrée aux intenses discussions, négociations, et mouvements stratégiques de différents corps militaires. À ce titre, cette longue introduction s'avèrera particulièrement indigeste dans le torrent d'informations et de noms qu'elle balancera sans crier gare, sans sommation : il faut vraiment s'accrocher pour parvenir à capter les quelques éléments essentiels à la bonne compréhension de la suite, aux différentes factions en cours de structuration au sein de l'institution militaire partagée en deux camps grosso modo — ceux qui suivent ou qui sont intimidés par Chun, et ceux qui lui résistent essentiellement emmenés par le personnage de Lee Tae-shin, qui lui n'est pas à proprement parler un personnage historique véridique mais inspiré d'un certain Jang Tae-wan, qui s'était lui véritablement opposé au coup.
Une fois les bases de la configuration politico-militaire posées, le film s'oriente vers des enjeux un peu plus classiques, à savoir le divertissement dont les mécaniques narratives reposent sur une tension grandissante, à mesure que les situations de conflit se multiplient. Pendant près de deux heures, "Seoul Spring" illustre la dynamique des alliances et des trahisons entre différents régiments, en regard de la situation politique chaotique de l'époque. Les conflits entre chefs militaires sont incessants, avec d'innombrables tentatives d'avancées et autres reculades, et reflètent le bordel gigantesque régnant dans le pays — les forces alliées au général Chun délaisseront temporairement la défense de la frontière avec l'ennemi du nord pour grossir les rangs de blindés. On finit par se prendre au jeu et apprécier un minimum le spectacle, plongé dans un grain reproduisant l'ambiance 1970s au même titre que quelques split screens épars, filant tout droit vers sa conclusion. Sometimes, the bad guys win.