Origin Story des jumelles de Shining. Fascination morbide pour une jeunesse monstrueuse. Caprice d'artiste façonnant l'humanité à ses désirs malsains. Pourquoi ne pas dépeindre le portrait d'une soeur prête à se sacrifier pour l'autre et l'autre heureuse de ce sacrifice. Pourquoi ne pas montrer le lycée comme un repère de méchanceté désinhibée, à faire passer Carrie pour une comédie romantique. Il faut accepter le postulat d'une violence de principe, d'une pulsion de mort unilatérale, seule moteur de toute action. L'amour, c'est trop commercial. Décadrages, déphasages pour empreintes auteuristes. Et un manque infini d'emotion.
Puisque l'amour est mort, place au terrain de jeu. Liberté nihiliste qui autorise tous les dérapages et chemins de traverse. Voix off sardonique de la mère commentant les performances de son amant ; 400 coups creepy des jumelles au plombier ; promenade dans les bois sortie d'un conte... Le film ne s'enferme pas dans le carcan d'un genre et laisse ses personnages trouver leur consistance dans leurs mouvements propres.
On se surprend ainsi à s'installer dans cet univers de prime abord hostile.
Jusqu'à ce qu'on comprenne. Récit en trompe-l'oeil, chausse-trappe et faux-semblants, rien n'est gratuit, tout fait sens. Et l'émotion advient. Durablement.