« Idéalement, il faudrait célébrer les séparations, pas les unions »

Ale et Alex organisent des réjouissances pour fêter leur séparation. Leur entourage demeure dubitatif suite à cette annonce pour le moins farfelue.

Septembre sans attendre ose redéfinir les canons éculés de la comédie sentimentale. Jonás Trueba, tel un orfèvre délicat, cisèle une narration exquise où la séparation, loin d'être un déchirement lacrymal, se transmue en une ode lumineuse à la métamorphose personnelle. Le cinéaste, avec une perspicacité confondante, nous offre une méditation profonde sur cette période charnière qu'est la quarantaine, ce moment de réévaluation existentielle où les certitudes se fissurent et où de nouvelles avenues se dévoilent.

Le métrage, dans sa grandeur conceptuelle, se révèle être un éloge vibrant du couple, non pas dans sa fixité sclérosante, mais dans sa capacité intrinsèque à se réinventer, à se métamorphoser au gré des vents de l'existence.

Le réalisateur, avec une habileté diabolique, nous plonge au cœur d'une mise en abyme vertigineuse: Ale et Alex, les protagonistes fascinants, sont les artisans d'un film qui n'est autre que le film que nous contemplons, une stratégie narrative qui brouille les frontières entre la réalité et la fiction avec une virtuosité ahurissante.

L'ombre tutélaire de Kierkegaard plane sur cette œuvre érudite, infusant le récit d'une profondeur philosophique qui transcende le simple divertissement. La répétition lancinante des dialogues, loin de sombrer dans la monotonie, se révèle être un procédé stylistique subtil, chaque itération apportant une nuance nouvelle, un éclairage inédit sur la complexité mouvante des sentiments humains. Car, voyez-vous, le couple, tel un phénix, renaît graduellement de ses cendres, se reformant sous nos yeux ébahis dans un mouvement dialectique d'une beauté saisissante.

Et cette fête, mes amis, cette célébration paradoxale d'une rupture ! Elle se dérobe à notre regard, se déroulant presque entièrement en hors-champ, un parti pris osé qui souligne l'importance du cheminement intérieur sur le spectacle extérieur. Le scénario, avec une économie narrative remarquable, se garde bien d'expliciter les raisons de cette séparation, laissant à notre sagacité le soin de déchiffrer les non-dits et les sous-entendus qui tissent la trame délicate de cette relation hors norme.

Bref, c’est une œuvre magistrale, un tour de force cinématographique qui nous invite à une réflexion profonde sur la nature ondoyante de l'amour et sur la beauté insoupçonnée qui peut jaillir des ruptures. C'est un film qui enchante, qui interroge.

Trilaw
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le 20 mai 2025

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