Mais que vient faire Louis Jouvet dans ce vilain et insignifiant nanar musical de Jean Boyer ? Cela dit, sans Jouvet et sa présence charismatique, en chef de la police viennoise, il n'y aurait vraiment rien à sauver du film. Pas même la musique de Schubert, parce que la bande-son est très abimée.
Donc, le film évoque, non pas la vie de Franz Schubert, mais une période de la vie du compositeur, celle où l'artiste austère et pauvre, le musicien maudit refusant les compromis, suivant une addition de poncifs, rencontre son contraire, une excentrique artiste de music-hall nommée miss Brenton, la protégée, la prisonnière...du chef de la police.
La liaison qui se dessine à mi-film est sans passion ni sensualité ; elle est d'une pudibonderie qui est très étonnante dans le cinéma français même d'avant-guerre. Les deux comédiens Bernard Lancret et Lilian Harvey n'ont pas grand 'chose à jouer ; leur romance passe pour scandaleuse, et donc préjudiciable pour la carrière de Schubert, sans que le scénario ne le démontre en rien. Louis Jouvet ne fait plus que quelques passages, entretenant l'ambiguïté sur son personnage : bienveillant ou nuisible ?
L'enjeu du film est nul ; le couple d'amants -à se demander s'ils le sont- est une coquille vide, complètement dépourvu de romanesque ou d'authenticité et sans la moindre portée dramatique. Quant à Schubert, à part son admiration pour Beethoven, on sort du film sans rien savoir sur lui.
A voir, donc, pour la causticité et le regard perçant de Jouvet.