Un scénario qui semble mâchonner le post-it sur lequel il a été écrit, un duo d’acteurs principaux qui donne envie de voir si finalement l’IA ne pourrait pas être une bonne chose, des acteurs secondaires qui donnent l’impression de n’en avoir absolument rien à foutre, et bien sûr des stock shots de requins… D’ailleurs, il faut peut-être insister là-dessus : les requins de Shark Attack ne font jamais peur. Quelques scènes d’attaques sous-marines auraient pu faire la maille, si leur faible lisibilité était le fruit d’un choix de réalisation. (C’est une chose qui m’a toujours marqué quand un film (d’épouvante ou de guerre, notamment) présente une attaque sauvage : les réalisateurs s’échinent souvent à la rendre claire et lisible, alors que pour les personnages elle devrait être absolument chaotique.)
De façon assez étrange, Shark Attack est très rarement drôle, que ce soit délibérément ou par accident, même si le personnage de Mani « Pas de problème » ne déparerait pas dans une comédie honnête. Il faut dire que le montage et la narration, qui fonctionnent à partir d’une alternance d’à-coups poussifs et de moments d’immobilité, empêchent de donner le moindre rythme à ce film dont la durée dépasse pourtant à peine les quatre-vingts minutes.
À ce niveau-là, c’est une performance.