Ruth est usée par un mari, Bob, qui ne la regarde plus, qui ne la voit plus comme une femme mais comme la mère de ses enfants et la responsable de sa famille, qu’il considère comme une des choses les plus précieuses qu’il ait construit. Mary Fischer, romancière à succès, et incarnation suprême de la féminité, jouée par une Meryl Streep désopilante, tombe amoureuse de Bob. Ruth n’accepte pas sa destinée de femme adultère et prend les choses en main : elle devient She Devil. Sa mission : détruire méthodiquement tout ce qui est cher à Bob : sa maison, sa famille, sa carrière et sa liberté. S’ensuit une revanche cathartique et jouissive (Bob étant un odieux personnage) d’une femme qui reprend des couleurs au fil de ses aventures. Une dark comedy bien maîtrisée, des thèmes féministes classiques des rapports hommes-femmes (complexe de la Madone et la putain) abordés avec beaucoup d’humour et de légèreté.
J’ai eu la chance de voir le film au Festival de la Cinémathèque en présence de Susan Seidelman, rayonnante et généreuse en anecdotes sur le film, dont la réception fut compliquée dans les année 80, où une écrasante majorité des critiques de cinéma étaient des hommes, peu sensibles aux thématiques du film.