Un polar HK sans saveur servant de véhicule à quelques stars branchées vieillissantes

Triple Tap est dans la droite continuité du Double Tap de Law Chi Leung dont Alex Fong, qui n’a pas pris une ride mine de rien soit dit en passant, est l’unique survivant, un polar sans épaisseur qui ne sert que de véhicule à quelques stars labellisée comme Daniel Wu et Louis Koo et tente de manière faiblarde de donner un nouveau souffle à un genre qui peine à se renouveler.


Il fût un temps où la moindre petite production hongkongaise, même fauchée, le moindre petit heroic-blooshed d’un Taylor Wong ou d’un Michael Mak, donnait lieu à un véritable petit miracle de bricolage, confectionné par des cinéastes sachant donné une énergie et un style à des œuvres certes boursoufflées, mais mettant en avant le fun et la totale liberté de ton, quitte à ne pas faire dans la dentelle. Sans parler des grandes œuvres de John Woo, de Ringo Lam et de Kirk Wong, et plus tard d’un Johnnie To, qui donna un second souffle au polar HK et continue encore aujourd’hui à entretenir une certaine prestance.


C’était une autre époque. Aujourd’hui, ce polar inconsistant qui tente de renouveler le genre en empilant les poncifs et les clichés ne parvient même pas à redonner vie à cette sorte de petit miracle énergisant confinant au fun qui caractérisait la moindre production hongkongaise du genre. Pourtant mis en scène par le plutôt doué Derek Yee, qu’il y a encore peu réussissait un sympathique film de triades au titre de One Night in Mongkok, Shooters (titre d’exploitation qui réduit le film à quelques détails scénaristiques le caractérisant) est un polar sans saveur qui ne parvient même pas à imposer une ou deux scènes de gunfights correctes et se perd dans quelques digressions nostalgiques servant à cacher un script sans épaisseur.


Aspirant avant tout à entretenir l’espoir de retrouver les charmes d’antan d’un cinéma proche de l’asphyxie, démarche somme toute honorable, Derek Yee ne parvient jamais à élever sa réalisation à autre chose qu’une succession de scènes faiblardes et de blabla sans saveur qui se trainent sur une interminable heure cinquante.

Créée

le 11 juil. 2018

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