Suivant une troupe de jeunes danseurs répétant le spectacle "Crowd" de Gisèle Vienne, ce documentaire est une plongée dans l'enchaînement des poses et l'enchevêtrement des corps.
Chorégraphie et mise en scène inspiréees des soirées rave des années 90, le film installe dès le départ le rythme, de part la bande sonore. Le début est consacré à la danse, pour une immersion dans le spectacle mais aussi les dessous de la performance, avec les commentaires de la chorégraphe.
Puis sont introduites des scènes, souvent à deux, d'échanges entre danseurs: leur expérience à incarner ce rôle, à la fois description de leur personnage au sein de la mise en scène mais aussi vécu personnel. Ces incursions, plus ou moins scénarisées, sont un choix subjectif, car tous les danseurs ne prennent pas la parole. De même, la parole est très personnelle et le collectif n'est visible que par la danse. Une limitation qui peut interroger, mais qui laisse aussi place à notre imagination.
Il est dommage que le contexte général ne soit réduit qu'à une brève intervention de la chorégraphe vers la fin. Néanmoins, la succession de témoignages venant illustrer ensuite des passages de la danse, est une présentation plus cocasse du travail de création.
Le film touche par le mélange entre le joué et le ressenti, entre la fiction et la réalité, entre la performance et le vécu. Il est une invitation à explorer les relations, les sentiments par la danse. Pris par la tension des corps, des émotions, on en ressort avec une folle envie de fêter et de danser. Avec aussi une forte impression du pouvoir fort de la danse, à prolonger les moments de fugacité du quotidien et à décupler nos émotions.