Le film a beau commencer très doucement, à la limite du mélodrame, on est bien dans un giallo. C’est une production italienne, servie par une distribution internationale, et dont l’histoire se déroule à Paris. Avec une galerie de personnages peu reluisants, des meurtres, et une pointe d’érotisme (pratiquement toutes les superbes actrices se dévêtissent à un moment ou un autre).
Dans l’esprit et le scénario, « Cosi dolce… cosi perversa » fait un peu penser aux « Diaboliques » de Clouzot. Avec cette histoire de tromperie, de mari menacé, des doutes sur le devenir d’une victime, et quelques rebondissements sympathiques. On a d’ailleurs le droit à une deuxième moitié assez relevée passé le début longuet. Mais là encore c’est bien un giallo, dont les effets de style n’ont rien à voir avec les 50’s et sont amusants (zooms rapides, gros plans sur des mains gantées, éclairages colorés…).
Côté acteurs, ils incarnent tous des ordures. Horst Frank campe un déglingué comme il en a l’habitude. Carroll Baker et Erika Blanc des femmes troubles. Tandis que Jean-Louis Trintignant étonne, car derrière la placidité du comédien se cache un personnage très volage et plus filou qu’il n’y parait. Détail amusant, son personnage s’appelle Jean Reynaud ( !), et son nom sera clamé à de nombreuses reprises !
Un giallo qui se lasse regarder sans mal.