Si j'avais un million par Maqroll
Le film à sketchs est un genre que je n’apprécie pas beaucoup car il a l’inconvénient de nous offrir des bouts de film et de nous faire sortir d’une histoire et d’un univers sitôt entrés. Ici, une certaine unité est toutefois apportée par l’intrigue de départ qui voit un vieux milliardaire irascible et prétendument mourant (savoureux Richard Bennett) décider de partager sa fortune entre huit inconnus choisis au hasard sur l’annuaire ! On a donc huit sketches, de valeur très inégale, sur le thème de l’utilisation personnelle et variée du fameux million. Le premier avec un Charles Ruggles, étourdissant dans le rôle d’un timide humilié qui prend magistralement sa revanche sur ses tortionnaires, est peut-être le meilleur. Le dernier, avec un Gary Cooper décentré est très décevant. Entre les deux, des numéros d’acteurs (Charles Laughton, George Raft, WC Field…) parfois gratuits. La fin, survenant sur une forme de pirouette, n’apporte pas grand-chose au propos. Un des films les moins convaincants de cet immense créateur qu’était Ernst Lubitsch.