Après l'étonnant Pieles, film aussi étrange que drôle et dérangeant (doublé d'une approche esthétique du body horror assez unique. Le seul film avec lequel je pourrais le comparer, c'est Taxidermie de Gyorgy Palfi, mais il faudrait que je revois les deux) et un La Pieta dont j'ai entendu le plus grand bien, Eduardo Casanova nous propose Silencio, montage sur forme d'un moyen métrage (ça dure 56 minutes) d'une mini-série en 3 épisodes.
On retrouve donc pas mal de ce qui faisait Pieles, entre la construction segmentée, l'esthétique ultra-travaillé (décidément, Casanova aime beaucoup le mauve), le rapport au corps, à la sexualité, à la société, et tout le mal-être qui peut en découler. Ainsi, les sœurs vampires de Silenzio voit leur immortalité comme une malédiction, dans un monde humain fait de mort et de contamination.
C'est peut-être un poil trop bavard (on sent que Casanova a beaucoup de choses à dire, beaucoup d'enjeux à poser sans forcément savoir comment les intégrer à son récit, et c'est dommage), mais c'est surtout fatalement trop court tant l'univers dépeint (le look de ces vampires, cette esthétique pleine d'images énormes m'évoquant le Ken Russell des grandes heures ou le cinéma de Jodorowsky!) est génial, le propos pertinent, et l'ensemble foncièrement touchant, et se permettant le luxe de placer quelques touches d'humour.
La preuve qu'on peut encore faire quelque chose avec la figure du vampire, et qu'Eduardo Casanova est vraiment un réalisateur à suivre.