Silencio est un film arty, queer et engagé, à l'esthétique kitsch granny-punk violette, qui ne perd pas de temps, mais risque de laisser pas mal de monde sur le bord de la route, moi le premier.
D'un côté, je lui reconnais beaucoup de qualités : ses décors travaillés, ses maquillages exagérés mais très réussis dans leur style hideux mais assumé, sa concision, son audace, la cadence frénétique de ses dialogues dont les anachronismes brisent joyeusement le quatrième mur.
D'un autre côté, je le trouve laid et tellement bavard qu'il en devient fatigant. Ses métaphores ne font aucun effort de subtilité et vous sont tartinées au visage d'une manière bien peu élégante, comme des règles abondantes pendant un cunni - Et pourtant, je suis le simple d'esprit, au fond de la salle, qui rate toutes les métaphores, en temps normal.
Silencio parle de lesbiennes, de coming out, mais surtout de sida, comment l'accepter, vivre avec, et comment en parler à ses proches. Comme son titre l'indique, c'est un film sur le poids du silence, et tout ce qu'il nous fait endurer. Le silence de souffrir seul, quand on ne sait pas parler de sa différence, de sa sexualité ou de sa maladie. La symbolique est brutale et frontale et le film aligne les choix radicaux, que je comprends sans pour autant y adhérer.