Silentium
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Silentium

Film de Nidhal Chatta (2026)

C'est un film dont le titre est Silentium, mais qui est pourtant émaillé de lamentations, de cris et de larmes. Dans un immeuble défraîchi de type colonial, face à la mer, dans la ville du Kram, non loin de Tunis, plusieurs locataires, prédateurs ou victimes, se côtoient, se confient ou se méfient, sous l'œil omniscient d'un concierge inquiétant. Le constat social du réalisateur tunisien Nidhal Chatta est implacable, presque insoutenable parfois, tant le long métrage fraie avec une forme de sordide à peine tempéré par de rares échappées poétiques, quand la caméra se tourne vers le large ou dans l'apaisement des ruines de Carthage. Dans cette petite communauté isolée, le mal rôde, il est connu, se nomme patriarcat et tente d'imposer sa loi d'airain sans crainte du monde extérieur. Dans ce contexte violent, l'héroïne du film, incarnée par la charismatique Rym Hayouni, se débat pour sa propre intégrité et celle des femmes qui l'entourent. Silentium est une œuvre au noir, féroce et oppressante, dans laquelle le seul soupçon d'espoir vient d'une nouvelle génération, décidée malgré les obstacles, à faire bouger les choses et à ne plus se contenter de survivre. Et cela, en dépit des failles intérieures et des blessures que seul le temps permettra, si ce n'est de guérir, mais au moins de soulager.

Cinephile-doux
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le 13 févr. 2026

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