Je viens de regarder la dernière adaptation en date du chef-d'œuvre de Stephen King nommé Simetierre. Ce long-métrage choisit de reprendre les codes essentiels du récit culte tout en y insufflant des moyens techniques modernes et une vision artistique neuve. Pour les rares personnes qui ne connaîtraient pas encore cette histoire, elle nous plonge dans le quotidien d'un médecin et de sa famille fraîchement installés dans une petite ville du Maine. Le drame s'installe lorsqu'ils découvrent un mystérieux cimetière d'animaux au fond des bois, point de départ d'un engrenage horrifique après la mort accidentelle du chat de la maison. Nous sommes face à du pur King avec la petite ville en apparence paisible, le voisin énigmatique, un culte local mystérieux et une vie de famille ordinaire qui bascule dans l'indicible. La grande force de cette version réside dans sa montée en tension progressive. L’horreur ne cherche pas le spectaculaire immédiat mais s’installe subtilement à travers de petits détails particulièrement malaisants. L'atmosphère est lourde, pesante, et la mécanique de l'angoisse fonctionne à merveille. Cependant, l'exercice du remake a ses limites et j'ai fini par ressentir une pointe d'ennui à un certain moment. Il est toujours difficile d'échapper au sentiment de déjà-vu quand on connaît l’histoire par cœur ou que l'on a l'œuvre originale constamment en tête, ce qui vient forcément atténuer le plaisir de la pure découverte. Malgré cette réserve, Simetierre reste un bon film de genre qui remplit parfaitement son contrat en distillant l'effroi. Il propose des séquences de tension très réussies et apporte une touche de modernité bienvenue à un classique de l'épouvante. Si vous aimez les ambiances sombres, le deuil qui vire au cauchemar et les malédictions anciennes, c'est une curiosité qui mérite amplement que l'on s'y attarde le temps d'une soirée frissonnante.
Une relecture efficace et très soignée visuellement, qui souffre parfois de la comparaison avec son modèle mais qui garantit sa dose de frissons.