Simon Killer d’Antonio Campos est une plongée lente et oppressante dans l’esprit d’un jeune homme en dérive. Avec une esthétique froide, des plans étirés et une bande-son électro entêtante, le film installe un climat de malaise qui s’infiltre doucement mais sûrement sous la peau.
Brady Corbet incarne Simon avec une ambiguïté troublante, presque inhumaine. On l’observe plus qu’on ne le suit, et cette distance émotionnelle voulue par le réalisateur est à la fois la force et la limite du film. On reste fasciné par cet anti-héros toxique, mais on peine à se sentir concerné.
Là où le film réussit, c’est dans sa capacité à bousculer sans jamais forcer, à déranger sans chercher l’explication facile. Mais son rythme volontairement lent, son scénario minimaliste et son refus de toute catharsis risquent d’en laisser certains sur le bord du chemin.
Un film hypnotique, inconfortable et assumé, qui vaut le détour si l’on accepte de se perdre dans le flou d’une psyché dérangeante. Pour moi, c’est un 7/10 : imparfait, mais marquant.