Au fond, Simple comme Sylvain ne fait que broder sur un thème usé jusqu'à la corde : l'usure du couple et plus précisément la crise de la quarantaine, côté féminin. Le film n'a par ailleurs pas la même flamboyance esthétique du long-métrage précédent de Monia Chokri, Babysitter, mais la cinéaste compense largement cette apparente normalité par un humour dévastateur, au fil de répliques hilarantes. Comment résister à des dialogues où sont cités tour à tour Arthur Schopenhauer et Michel Sardou ? Cette comédie sur fond d'adultère use assez souvent de poncifs pour mieux les assassiner avec, d'un côté, un milieu bourgeois et intellectuel et de l'autre un univers plus fruste car prolétaire. Inutile de préciser que le film les renvoie dos à dos, avec une certaine jubilation. Simple comme Sylvain n'est pas vraiment une œuvre féministe, elle en est même parfois l'inverse mais la tendresse perce sous le portrait acide d'une héroïne qui se bat classiquement entre la raison et la passion, à elle de choisir si elle est capable de s'opposer aux lois du désir. Les personnages masculins sont à la vérité nettement moins travaillés, frôlant même la caricature, mais cela n'a qu'un impact secondaire sur le plaisir global pris à un film qui a pour but majeur de nous divertir intelligemment et qui y parvient avec un talent incontestable. Ajoutons que l'actrice principale, Magalie Lépine-Blondeau livre une prestation exceptionnelle et carrément culottée.